21 septembre 2026
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Et si l’embuscade de Molodo signait l’effondrement final du pari russe du colonel Goïta ? Ce 20 septembre 2026, dans ce village de la région de Ségou déjà marqué par l’insécurité chronique, une patrouille conjointe des Forces armées maliennes (FAMa) et des mercenaires de l’Africa Corps s’est disloquée sous les assauts du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

En moins de dix minutes, l’illusion d’une alliance militaire invincible s’est brisée. Les véhicules aux couleurs de l’Africa Corps, abandonnés sur le bas-côté de la piste poudreuse reliant Diabali à Niono, sont devenus le symbole criant de l’échec sécuritaire d’une junte qui mise tout sur Moscou. Trois blindés floqués du triangle rouge, marque de fabrique de la milice russe, trônent désormais sous le soleil malien — témoignage accablant d’une stratégie qui a tourné au fiasco.

L’illusion russe : un partenariat qui coûte plus qu’il ne rapporte

Pour les autorités de Bamako, la rupture avec l’Occident et l’arrivée des mercenaires russes devaient incarner le renouveau. Quatre ans après les premiers déploiements sous couvert de « partenariat stratégique », le bilan est accablant. Non seulement la menace djihadiste n’a pas été éradiquée, mais elle s’est étendue comme une traînée de poudre, transformant le centre du Mali en zone de non-droit et fragilisant les approches de la capitale.

Loin d’apporter une stabilité salvatrice, les forces de l’Africa Corps se révèlent être un bouclier de façade. Leur présence a surtout servi à nourrir les recrutements des groupes armés, renforçant paradoxalement l’influence du JNIM et d’autres factions islamistes. Sur le terrain, leurs méthodes — entre bavures indiscriminées et repli systématique face à l’ennemi — ont achevé de saper la confiance des populations locales envers leur propre gouvernement.

Des mercenaires plus attachés à leur survie qu’à leur mission

Les images des blindés abandonnés à Molodo parlent d’elles-mêmes : face à une embuscade organisée, les hommes de l’Africa Corps n’ont pas cherché à tenir le terrain, mais à fuir. Ce réflexe, répété à plusieurs reprises lors d’opérations conjointes avec les FAMa, révèle une vérité implacable : ces « instructeurs » agissent avant tout comme les protecteurs des dignitaires du régime, et non comme une armée dédiée à la défense du territoire.

Leur rémunération — financée par les ressources piteuses de l’État malien et par des concessions minières cédées à des sociétés russes — alourdit un endettement déjà insoutenable. Pourtant, malgré ce coût exorbitant, leur efficacité reste nulle. Pire, leur présence a accéléré le déclin de l’armée malienne, transformant des soldats locaux en spectatrices impuissantes de la déroute.

Un régime à bout de souffle, prisonnier de sa propre propagande

Pour étouffer les critiques et masquer l’étendue du désastre, la junte de Bamako a érigé un mur de censure et de répression. Les journalistes indépendants sont muselés, les opposants réduits au silence, et toute remise en cause de l’alliance russe est qualifiée de trahison. Mais dans les villages autour de Ségou, comme à Molodo, les habitants ne se laissent plus abuser : ils savent que leur gouvernement a troqué une dépendance contre une autre, plus coûteuse et plus humiliante.

Les trois véhicules de l’Africa Corps, désormais aux mains potentielles des insurgés ou exposés aux réseaux sociaux, sont devenus le symbole d’une mascarade. Derrière les communiqués triomphalistes diffusés depuis les bureaux climatisés de Bamako, se cache un constat brutal : le Mali n’a jamais été aussi fragile. L’économie s’effondre sous le poids des dépenses militaires et des sanctions internationales, tandis que les groupes armés multiplient les attaques meurtrières.

L’impasse tragique d’un pouvoir sans issue

Sans une réconciliation nationale, sans une stratégie politique crédible et sans une armée capable de tenir ses positions, le régime du colonel Goïta se dirige droit vers l’abîme. L’Africa Corps, loin de libérer le pays du joug djihadiste, l’a plongé dans une spirale de violence et de dépendance toxique. Chaque nouvelle défaite tactique, comme celle de Molodo, rapproche un peu plus le Mali du chaos définitif.

Le peuple malien, épuisé par une décennie de crises, paie le prix de ces choix désastreux. Derrière les discours sur la souveraineté retrouvée, se profile une réalité bien moins glorieuse : celle d’un État vidé de sa substance, abandonné aux mains de mercenaires et de profiteurs de guerre, tandis que les civils trinquent au quotidien.