3 juin 2026
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Le Mali en quête de santé universelle : entre progrès et réalités complexes

Le Mali a réalisé des avancées notables ces dernières années en matière de santé publique. Les indicateurs clés, tels que la réduction de la mortalité infantile, la baisse de la mortalité des moins de 5 ans, la diminution de la mortalité maternelle et l’allongement de l’espérance de vie, témoignent d’efforts significatifs (OMS, 2025 ; UNICEF, 2025). Dès 2018, le pays a lancé un plan ambitieux d’assurance maladie universelle, marquant une volonté politique forte de transformer le système de santé. Pourtant, malgré ces initiatives, l’accès à des soins de qualité reste un défi majeur.

Plusieurs facteurs aggravent cette situation : une pénurie alarmante de personnel médical qualifié, des ressources financières insuffisantes, et des années d’instabilité politique qui ont fragilisé les infrastructures sanitaires (Banque Mondiale, 2024 ; Touré et al., 2022 ; Fonds d’Affectation Spéciale des Nations Unies pour la Sécurité Humaine, 2025). Les zones rurales, en particulier, sont largement désavantagées, avec une concentration disproportionnée de médecins dans la capitale, Bamako (Sangare et al., 2021).

Un système de santé encore en dessous des standards

Le score de 41/100 obtenu par le Mali sur l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS (2024) illustre l’ampleur du chemin restant. Ce chiffre place le pays en dessous de la moyenne africaine (44) et bien en deçà de la moyenne mondiale (68), soulignant un écart critique entre les ambitions et les réalités.

Les Maliens exigent des solutions concrètes

Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10, centrée sur les soins de santé, révèlent une préoccupation majeure chez les citoyens. La santé est perçue comme le problème prioritaire que le gouvernement doit résoudre. Seulement un adulte sur sept bénéficie d’une couverture médicale, et une majorité craint de ne pouvoir accéder à des soins ou de les financer. Les Maliens sont clairs : ils attendent une garantie d’accès universel à des soins de qualité, même si cela implique une hausse des impôts.

Des expériences contrastées dans les structures publiques

Parmi les personnes ayant fréquenté un hôpital ou une clinique publique au cours de l’année écoulée, les avis sont partagés. Si une majorité affirme avoir obtenu les soins nécessaires, les plaintes sont nombreuses : coûts prohibitifs, délais d’attente excessifs, manque de médicaments ou de matériel médical. Pire encore, près de la moitié des Maliens déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu recevoir les soins indispensables durant l’année précédente.

Un bilan mitigé mais une confiance persistante

Malgré ces difficultés, les Maliens affichent un soutien marqué envers les efforts du gouvernement. Deux tiers des citoyens estiment que les soins de santé de base se sont améliorés, et une majorité conserve sa confiance dans le Ministère de la Santé.