12 mai 2026
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En 2026, près de 42 millions de personnes au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Niger, au Nigéria, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Tchad auront un besoin vital d’assistance pour survivre et préserver leur sécurité.

Charles Bernimolin, Chef du Bureau régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, met en garde : « Sans financement immédiat, les familles subiraient une hausse de l’insécurité alimentaire, des déplacements forcés et une détérioration des conditions de protection dans la région. »

L’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses partenaires lancent un appel à contributions de 5,1 milliards de dollars dans le cadre de l’appel humanitaire mondial de 33 milliards de dollars pour 2026. Cet effort vise à soutenir 24 millions de personnes parmi les plus vulnérables en Afrique de l’Ouest et du Centre.

des conflits et crises climatiques aggravent la situation

La région fait face à une crise humanitaire en constante escalade, marquée par des violences persistantes, des conflits armés et des catastrophes naturelles répétées. Ces facteurs poussent des millions de familles à quitter leur foyer, les privant de leurs moyens de subsistance et aggravant leur précarité.

L’insécurité s’étend particulièrement au Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger), touchant également le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et la Mauritanie. Parallèlement, les tensions dans le bassin du lac Tchad et le conflit au Soudan exacerbent les déplacements de populations.

Actuellement, 12,7 millions de personnes sont déplacées en interne, tandis que 3,7 millions sont réfugiées ou demandent l’asile. Parmi elles, une majorité de femmes et d’enfants, souvent victimes de violences répétées, notamment des agressions sexuelles et des mariages forcés. Ces populations, parfois contraintes de fuir plusieurs fois, subissent des risques accrus d’exploitation et de violences fondées sur le genre.

Le changement climatique aggrave encore cette situation. En 2025, des inondations dévastatrices ont frappé 12 pays, affectant plus de 2 millions de personnes. Ces catastrophes ont détruit les récoltes, endommagé les infrastructures essentielles et perturbé l’accès à l’éducation et aux soins. La République démocratique du Congo a été l’un des pays les plus touchés, avec plus de 830 000 personnes sinistrées.

un financement insuffisant met en péril les opérations humanitaires

Malgré les efforts des donateurs en 2025, les besoins financiers restent largement insuffisants. Sur les 7,8 milliards de dollars sollicités, seuls 1,8 milliard ont été reçus, soit un taux de couverture de seulement 24 %. Ce manque de ressources a contraint les acteurs humanitaires à réduire leurs interventions et à prioriser les zones et populations les plus critiques.

Les conséquences sont dramatiques. En République centrafricaine, le nombre de bénéficiaires d’aides financières a chuté de 75 %, limitant leur capacité à répondre à des besoins vitaux. En République démocratique du Congo, où les conflits ont provoqué de nouveaux déplacements massifs, 85 % des personnes éligibles à une aide pour l’abri n’ont reçu aucun soutien.

Malgré ces défis, les équipes humanitaires poursuivent leur mission. D’ici la fin de 2025, 19 millions de personnes auront bénéficié d’une forme d’assistance en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Mais des millions d’autres restent sans aide en raison du manque de fonds », rappellent les agences onusiennes.