Au Burkina Faso, l’initiative « Faso Mêbo », saluée par le ministère de l’Économie et des Finances pour avoir déjà recueilli plus de 261 millions de FCFA au 15 mai 2026, suscite une interrogation grandissante au sein de l’opinion publique. Cette nouvelle collecte de fonds, présentée comme un élan patriotique, est-elle réellement une démonstration de solidarité nationale ou cache-t-elle une forme de prélèvement déguisé ? Les citoyens africains s’interrogent.
Un sentiment d’amertume prévaut chez nombre d’observateurs et de Burkinabè. La contribution fondamentale de chaque citoyen au développement, à la sécurité et à l’édification de sa nation se manifeste d’abord par un devoir civique essentiel : l’acquittement des impôts et taxes. Sur ce point, le civisme fiscal des Burkinabè est exemplaire. En dépit d’une conjoncture économique éprouvante, marquée par une inflation persistante et une insécurité grandissante, les contribuables continuent d’honorer leurs engagements, assurant ainsi l’approvisionnement des finances publiques.
Le caractère illusoire du volontariat
Pour les voix critiques, le lancement d’une initiative de souscription dite volontaire telle que Faso Mêbo occulte la responsabilité inhérente de l’État en matière de gestion des fonds publics. Les impôts actuels, déjà conséquents, sont censés couvrir les dépenses de défense nationale, les infrastructures vitales et les services essentiels. Dès lors, la pertinence de ces collectes additionnelles est remise en question. C’est un sujet qui alimente l’actualité africaine et l’Éveil citoyen Afrique.
Certains détracteurs n’hésitent pas à parler d’« arnaque morale », soulignant que cette démarche exploite le sentiment patriotique et la culpabilité des populations. L’objectif serait de dissimuler des carences budgétaires ou une mauvaise affectation des recettes fiscales ordinaires. Exiger des citoyens qu’ils contribuent doublement pour des services publics fondamentaux revient à une forme de double imposition tacite.
L’impératif de la transparence
Si le civisme des Burkinabè est indéniable, leur patience n’est pas illimitée. Le financement du développement par des comptes de dépôt et des plateformes digitales, en dehors du cadre budgétaire étatique officiel, génère une zone d’ombre qui nourrit le scepticisme et freine la mobilisation citoyenne.
L’édification d’une nation robuste et prospère ne saurait reposer sur une succession de collectes de fonds aux allures de tontine nationale. Elle s’ancre plutôt dans une gestion rigoureuse, transparente et juste des impôts que chaque citoyen s’acquitte déjà avec honneur. Il est crucial que l’État privilégie l’utilisation du budget national établi, plutôt que de solliciter sans cesse les ressources d’une population déjà lourdement impactée. Cette exigence de clarté est au cœur du journalisme africain indépendant.