Des centaines de personnes enlevées par Boko Haram retrouvées libres au Nigeria
Un soulagement s’est fait sentir ce week-end dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, où plusieurs centaines de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont recouvré la liberté après avoir été détenues par les combattants de Boko Haram. Les autorités locales et les responsables communautaires ont confirmé cette libération sans précédent.
Un village du nord-est libéré après des mois de captivité
Les otages, principalement des femmes et des enfants, avaient été enlevés plus tôt cette année dans le village de Ngoshe, situé à proximité immédiate de la frontière camerounaise. Selon les déclarations de Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), la libération de ces 416 personnes a été effective dès samedi. « Nous avons obtenu gain de cause après des négociations complexes », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.
Mohammed Ali Ndume, sénateur représentant la région, a également confirmé l’information, soulignant l’importance de cette libération pour les familles touchées. « Ces personnes ont endured des conditions de détention extrêmement difficiles, dans des zones reculées et hostiles », a-t-il précisé.
Des conditions de détention dramatiques et des pertes humaines
Les témoignages recueillis révèlent des conditions de vie précaires pour les otages, détenus dans des zones montagneuses difficiles d’accès. Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a annoncé que deux nourrissons avaient péri pendant leur captivité, victimes de l’épuisement et des conditions extrêmes imposées par leurs ravisseurs.
Une tactique djihadiste devenue monnaie courante
Les enlèvements à but lucratif sont devenus une stratégie récurrente pour les groupes armés, notamment Boko Haram, qui mène une insurrection depuis plus de quinze ans dans le nord-est du pays. Ces dernières années, les rançons exigées par les djihadistes ont atteint des sommes colossales, alimentant un véritable marché criminel. D’après les estimations, les rançons versées entre juillet 2024 et juin 2025 auraient rapporté plus d’un milliard et demi de nairas aux groupes armés, selon des analyses indépendantes.
Les autorités nigérianes ont démenti toute négociation financière directe, bien que des sources locales et des observateurs estiment que des échanges financiers ont pu avoir lieu de manière indirecte, notamment via des intermédiaires.
Une zone sous tension depuis des années
Le village de Ngoshe, niché dans les collines de Gwoza, est un secteur régulièrement ciblé par les attaques de Boko Haram. Cette région frontalière avec le Cameroun sert souvent de refuge aux combattants, qui y multiplient les exactions. Depuis l’émergence du mouvement en 2009, l’insurrection djihadiste a engendré des milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes, plongeant le nord-est du Nigeria dans une crise humanitaire sans précédent.
Les opérations militaires menées par l’armée nigériane, combinées à des actions de contre-propagande, visent désormais à fragiliser les réseaux djihadistes et à limiter leur emprise sur ces territoires.