9 août 2026
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Libération de 38 jeunes détenus au Cameroun après paiement des contraintes par corps

Jeunes détenus libérés au Cameroun après paiement des contraintes par corps

Au cœur de la région de l’Ouest du Cameroun, 38 jeunes détenus ont retrouvé leur liberté après que leurs contraintes par corps aient été réglées. Cette initiative, portée par la Fondation Françoise Puene pour la liberté, marque la huitième opération de ce type depuis 2014.

Ces jeunes, dont les âges variaient entre 16 et 28 ans, étaient incarcérés pour incapacité à s’acquitter des frais liés aux contraintes par corps. Ces sommes, comprises entre 40 000 et 150 000 francs CFA (soit 60 à 228 euros), devaient être payées à l’issue de leur peine pour garantir leur libération.

Une surpopulation carcérale aggravée par les contraintes financières

La prison centrale de Bafoussam, comme d’autres centres pénitentiaires du Cameroun, souffre d’une surpopulation chronique. « Sur l’étendue du territoire national, nous avons constaté que cette prison était majoritairement peuplée de jeunes, dont certains n’avaient que 17 ou 18 ans », explique Françoise Puene, présidente de la fondation. Leur seule « faute » ? Ne pas pouvoir régler ces frais souvent inaccessibles.

Le Code de procédure pénale camerounais impose en effet à tout condamné d’honorer les condamnations pécuniaires ou les restitutions ordonnées par la justice une fois sa peine purgée. Sans cette régularisation, même après avoir purgé sa détention, la liberté reste hors de portée.

Un soulagement pour les familles et une reconnaissance des autorités

Parmi les bénéficiaires de cette libération, Efred Ngayeu a passé neuf mois derrière les barreaux au lieu des six prévus initialement. « Je suis très heureux qu’on ait payé pour moi », confie-t-il. Son cas illustre l’absurdité d’un système où la justice se heurte à la précarité économique.

Les autorités locales reconnaissent l’ampleur du problème. Adray Epente Tazeu, secrétaire général des services du gouverneur de la région de l’Ouest, admet : « Nos centres pénitentiaires sont en surpopulation, car certains détenus ne peuvent pas payer leurs contraintes par corps et restent donc incarcérés ».

Une action humanitaire pour briser le cycle de l’incarcération

Cette opération s’inscrit dans une démarche d’assistance judiciaire et de solidarité envers les plus vulnérables. En ciblant des jeunes souvent issus de milieux défavorisés, la Fondation Françoise Puene pour la liberté contribue à réduire les inégalités face à la justice.

Depuis 2014, cette initiative a permis à des dizaines de détenus de retrouver leur famille et de reprendre une vie normale. Une lueur d’espoir dans un système judiciaire où l’accès à la liberté dépend parfois plus des moyens financiers que de la gravité des faits reprochés.