27 juin 2026
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Les États-Unis frappent une raffinerie d’or rwandaise accusée de financer le M23

USA Washington D.C. 2025 | Donald Trump salue Paul Kagame

Le Trésor américain a ciblé Gasabo Gold Refinery et son directeur, Jean Malic Kalima, par des sanctions. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un réseau d’extraction, de transport et de revente d’or extrait illégalement dans l’est de la République démocratique du Congo.

D’après les autorités américaines, la raffinerie a collaboré avec des responsables rwandais et les rebelles du M23. Des militaires rwandais et des éléments du groupe armé auraient protégé le convoi d’or jusqu’à Bukavu, puis vers Kigali pour raffinage. Selon les estimations de Washington, près de 60 kilogrammes d’or, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été acheminés illicitement vers le Rwanda au début de 2026.

Cette annonce survient dans un contexte de multiplication des accusations de pillage des richesses minières congolaises et de poursuite des violences dans l’est de la RDC.

Mesures de rétorsion financières

L’objectif de ces sanctions, selon Washington, est de couper les vivres aux groupes armés en les privant des revenus de l’exploitation illégale des minerais.

« Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi de tirer profit du commerce illégal de minerais pour déstabiliser la région. Les richesses minérales de la RDC appartiennent légitimement au peuple congolais », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Ces mesures impliquent le gel des avoirs de la société et de son dirigeant aux États-Unis, et interdisent toute transaction avec des Américains. Les entreprises étrangères utilisant le dollar ou ayant des filiales américaines sont également visées.

RDC I Des travailleurs dans une mine de Kolwezi

Les minerais, moteur du conflit dans l’est congolais

Depuis son retour en force fin 2021, le M23 occupe de larges zones de l’est de la RDC, regorgeant de minerais stratégiques. Kinshasa, l’ONU et plusieurs capitales occidentales accusent Kigali d’appuyer militairement la rébellion, ce que le Rwanda dément.

L’exploitation minière est une source majeure de revenus pour les rebelles. En avril 2024, le M23 a pris le contrôle de Rubaya, un des plus grands sites de coltan au monde, qui fournit près de 15% de la production mondiale de ce minerai essentiel aux appareils électroniques. La rébellion impose des taxes sur l’extraction et le commerce des minerais, engrangeant des sommes importantes.

Pillage des ressources : de nouvelles révélations

Ces sanctions font suite à une enquête de Global Witness, selon laquelle des centaines de tonnes de coltan illégalement extrait dans l’est de la RDC auraient été blanchies au Rwanda, puis exportées vers des fonderies approvisionnant de grands groupes électroniques. Des experts onusiens estiment qu’environ 120 tonnes de coltan ont été exportées mensuellement vers le Rwanda entre mai et octobre 2024 depuis les zones sous contrôle du M23.

Ces sanctions témoignent de la détermination de Washington à frapper à la fois les groupes armés et les réseaux commerciaux qui les financent. Elles relancent le débat sur la traçabilité des minerais stratégiques et le rôle des acteurs internationaux dans les chaînes d’approvisionnement.