8 juillet 2026
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Au cours des cinq dernières décennies, le virus Ebola a tragiquement emporté plus de 15 000 vies sur le continent africain. La République Démocratique du Congo (RDC) a déjà été le théâtre d’une épidémie particulièrement dévastatrice entre 2018 et 2020, où près de 2 300 personnes ont succombé sur 3 500 cas recensés.

L’épidémie actuelle, officiellement déclarée le 15 mai, a malheureusement déjà causé 506 décès et enregistré 1 561 cas confirmés en RDC. Parallèlement, le pays voisin, l’Ouganda, maintient un bilan de deux morts pour 20 cas confirmés, selon le point de situation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 4 juillet.

Face à cette crise sanitaire, des avancées médicales se profilent. Un essai clinique évaluant deux traitements ciblant la souche Bundibugyo, identifiée comme la cause de l’épidémie, a débuté la semaine dernière. De plus, l’OMS a délivré une autorisation d’utilisation d’urgence pour le tout premier test de diagnostic moléculaire du virus, une étape cruciale pour la gestion de la maladie.

Une létalité alarmante

Le cœur de cette crise, dont l’ampleur réelle reste difficile à appréhender et qui pourrait perdurer plusieurs mois, est localisé dans la province de l’Ituri, située au nord-est du Congo et frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda.

Dans la ville minière de Mongbwalu, identifiée comme le point de départ de la propagation, le taux de létalité s’élève à 50,7%. Cette proportion élevée met en lumière les difficultés persistantes pour assurer une prise en charge précoce des patients ou garantir leur accès rapide aux soins nécessaires.

Le virus a également atteint les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces régions sont malheureusement marquées par la présence du groupe armé antigouvernemental M23, qui contrôle les capitales provinciales et de vastes portions de territoire.

Dans le Nord-Kivu, le taux de mortalité de 57,4% est jugé particulièrement inquiétant par les autorités sanitaires congolaises, dépassant largement la moyenne nationale. En revanche, la province du Sud-Kivu n’a pas enregistré de nouveau cas confirmé depuis le 26 mai, offrant un signe d’espoir.

Les responsables sanitaires du M23 ont récemment affirmé avoir maîtrisé l’épidémie dans les zones sous leur contrôle. Suite à cette annonce, les échanges entre l’est de la RDC et le Rwanda ont partiellement repris, après plusieurs semaines de fermeture des postes-frontières.

Les mouvements transfrontaliers sont une réalité quotidienne dans cette partie de l’Afrique, essentiels notamment pour le commerce. De nombreux citoyens congolais de la région se dirigent également vers Kigali, au Rwanda, pour leurs déplacements aériens, suite à la fermeture de l’aéroport de Goma par le M23 début 2025.