4 juin 2026
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Le gouvernement du Bénin a franchi une étape historique dans sa stratégie de promotion de l’égalité des chances. Lors de la séance du Conseil des ministres du 3 juin 2026, une décision fondamentale a été entérinée : la suppression totale des frais de scolarité pour les filles inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général, technique et professionnel. Cette réforme d’envergure nationale sera officiellement déployée dès la rentrée académique 2026-2027.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes portées par le président Patrice Talon, visant à moderniser le socle éducatif national tout en résorbant durablement les inégalités de genre qui persistent au sein du système scolaire.

Éliminer les obstacles financiers au maintien scolaire

Auparavant limitée à des phases expérimentales dans certaines zones géographiques ou cycles spécifiques, la gratuité est désormais généralisée à l’ensemble du territoire béninois. En ciblant tous les niveaux du secondaire public, l’exécutif entend neutraliser les contraintes financières qui constituent souvent le premier facteur de déscolarisation des jeunes filles.

Les réalités économiques contraignaient fréquemment les familles à opérer des choix éducatifs au détriment des filles. Grâce à cette mesure, l’État garantit leur parcours scolaire jusqu’à l’obtention du baccalauréat ou des diplômes professionnels. Au-delà de l’aspect financier, cette politique agit comme un levier de protection sociale contre les mariages précoces, les grossesses non désirées en milieu scolaire et diverses formes d’exploitation des mineures.

Priorité à la formation technique et à l’insertion professionnelle

L’originalité de cette réforme réside dans son extension à l’Enseignement technique et à la formation professionnelle (ETFP). Dans un contexte de transformation structurelle de l’économie, illustré par le dynamisme de la zone industrielle de Glo-Djigbé, le besoin en main-d’œuvre qualifiée est impératif.

L’objectif est double :

  • Déconstruire les préjugés : Inciter les filles à s’orienter vers des secteurs industriels et technologiques traditionnellement dominés par les hommes.
  • Optimiser l’employabilité : Permettre aux futures diplômées de s’insérer efficacement dans le tissu économique national.

Une organisation rigoureuse pour une transition réussie

La mise en œuvre de cette décision pour la rentrée 2026-2027 mobilise l’ensemble de l’appareil étatique, notamment les ministères des Finances et de l’Enseignement secondaire. Plusieurs défis logistiques sont actuellement sous haute surveillance :

  • Le versement effectif et ponctuel des subventions compensatrices aux établissements scolaires.
  • L’adaptation des infrastructures pour accueillir un flux croissant d’élèves.
  • Le renforcement du corps enseignant par des recrutements ciblés afin de préserver l’excellence académique.

En plaçant le capital humain féminin au cœur de ses priorités, le Bénin aligne ses politiques publiques sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), particulièrement ceux relatifs à l’éducation de qualité et à l’égalité des sexes.