27 juin 2026
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Le Tchad a récemment été le théâtre d’un événement marquant pour son développement technologique : la toute première édition du Café Drone. Cette initiative pionnière a réuni des experts pour explorer les vastes opportunités offertes par les drones civils, particulièrement dans des secteurs cruciaux tels que l’agriculture, l’élevage et la gestion environnementale. Les discussions ont également mis en lumière les défis inhérents à cette révolution aérienne, notamment en matière de réglementation, de formation et d’intégration.

Le Tchad s'envole avec la première édition du Café Drone

L’événement, orchestré par Tech Africa, Tchad FlyingLabs et WeRobotics, en collaboration étroite avec le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD), s’est tenu dans les locaux du CNRD à N’Djamena. Au cœur des échanges, le thème central « Les opportunités liées aux drones civils » a guidé les réflexions.

Cette plateforme inédite avait pour ambition de mettre en lumière l’importance capitale et les multiples applications des drones dans divers secteurs clés pour le Tchad, allant de l’optimisation agricole à la surveillance des troupeaux, en passant par la gestion proactive des parcs et réserves naturelles.

Les drones : une réalité pour le développement tchadien

Lors de son intervention, le directeur général du CNRD, Pr. Mahamoud Youssouf Khayal, a salué cette première rencontre d’acteurs nationaux et internationaux des technologies aériennes sans pilote sur le sol tchadien, au sein d’une institution dédiée à la recherche. Il a affirmé avec conviction que les drones ne sont plus une vision futuriste, mais une composante essentielle du présent. « Au Tchad, l’étendue de notre territoire, les impératifs logistiques, le besoin croissant de données géospatiales et la nécessité de réagir promptement aux situations de crise confèrent aux drones une pertinence exceptionnelle », a-t-il déclaré.

Pour que le Tchad puisse tirer pleinement parti de cette technologie prometteuse, le professeur Mahamoud Youssouf Khayal a identifié plusieurs axes de travail prioritaires :

  • Le cadre réglementaire : Comment établir un environnement sécurisé pour l’utilisation des drones tout en stimulant l’innovation ?
  • La formation : Comment préparer la jeunesse tchadienne aux métiers émergents de demain liés à cette technologie ?
  • L’intégration : Comment favoriser la collaboration et le dialogue entre les institutions étatiques, les opérateurs privés et les chercheurs ?

Le directeur général du CNRD a exprimé sa gratitude envers les partenaires – Drone Tech Africa, Tchad FlyingLabs, WeRobotics – pour leur engagement et leur initiative. Il a également salué la présence d’experts ayant déjà transformé ces technologies en solutions concrètes. Il a encouragé les participants à saisir cette occasion pour approfondir leurs connaissances, forger de nouveaux partenariats et élaborer les fondations d’une feuille de route nationale. « La recherche n’est pas une abstraction lointaine. Elle est ici, au cœur de nos préoccupations quotidiennes, et les drones en sont une parfaite illustration », a-t-il conclu.

Innovations et applications concrètes des drones

Mahamat Issa Abakar, directeur de Drone Tech Africa, a partagé les avancées de la recherche menée au Burkina Faso. Il a également présenté les résultats d’un projet agricole dans la province du Guéra, notamment à Mongo, Baro et Tabo, où un projet de femmes agricultrices a été documenté par drone. L’objectif était d’analyser leurs pratiques face à la résilience climatique et d’explorer comment l’utilisation des drones pourrait potentiellement augmenter le rendement agricole de 30 %.

Ali Mahamoud, chef de service au CNRD, a abordé l’intégration de l’intelligence artificielle dans la recherche et l’intérêt des drones pour la prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs, souvent exacerbés par la sécheresse, le manque de points d’eau et le changement climatique. Il a mis en avant le rôle crucial des drones pour la surveillance de la faune au parc national de Zakouma, le suivi des couloirs de transhumance, la prospection minière et la recherche d’or, soulignant leur capacité à fournir des données statistiques essentielles.

Le Dr Djimassal, chargé de recherche, a complété ces interventions en détaillant l’utilisation des satellites pour l’acquisition d’images spatiales. Il a expliqué comment ces données permettent de visualiser et d’analyser la végétation, les cours d’eau, les forêts, les zones d’habitation, les savanes arbustives et herbacées, les pâturages et les fourrés, en particulier dans la région septentrionale du Tchad. Son exposé a démontré l’interprétation précise de ces images pour comprendre les différentes ressources naturelles, les lacs et les forêts.

Ces présentations riches en informations ont été suivies d’un panel de discussion, offrant une plateforme d’échanges approfondis sur l’importance de l’intégration des drones dans une multitude de domaines.