28 mai 2026
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Les citoyens maliens ont récemment célébré la fête de l’Aïd el-Kébir, communément appelée Tabaski au Mali, dans une atmosphère particulièrement tendue. Cette période de réjouissances religieuses a été obscurcie par une série de menaces sécuritaires, faisant suite à l’attaque complexe du 25 avril. Cet événement avait fortement ébranlé le régime militaire en place, entraînant même la chute du ministre de la Défense, Sadio Camara. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) avait, en effet, fait planer la menace d’un « assaut final » sur Bamako, dans le but avoué de renverser la junte au pouvoir.

Historiquement, les entités djihadistes ont souvent ciblé les jours de fêtes religieuses musulmanes pour leurs actions, croyant y trouver une bénédiction accrue ou une symbolique forte.

Cette année, l’acquisition des moutons, élément central de la Tabaski, s’est avérée un défi majeur pour de nombreux foyers maliens, tant en milieu urbain que rural. Cette difficulté est directement liée à l’emprise croissante des groupes armés sur le territoire. Dans les campagnes, ces groupes imposent des prélèvements sur le bétail ou s’emparent des troupeaux pour les commercialiser. À Bamako, un boycott de la ville a été décrété, une tactique déjà observée au Burkina Faso et dans d’autres localités maliennes. Malgré les efforts des forces de sécurité maliennes pour assurer la circulation sur les axes majeurs, cette mesure de boycott affecte significativement l’état d’esprit des citoyens de Bamako.

La situation économique est également tendue à Niamey, au Niger, où des prix du bétail particulièrement élevés ont été observés. La capitale nigérienne fait face à des assauts répétés dans ses régions de l’ouest, des zones cruciales pour l’approvisionnement en bétail, orchestrés par le GSIM et l’État islamique au Sahel. Récemment, ces deux groupes ont multiplié les attaques contre des cibles militaires et civiles, engendrant un lourd tribut humain. Ils ont habilement exploité le déplacement d’une partie de l’armée nigérienne vers le nord, mobilisée pour une opération de reprise de Kidal, ce qui a créé des vulnérabilités sécuritaires dans d’autres zones.