22 juin 2026
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La question résonne intensément au sein de la sélection argentine : « Julian ou Lautaro ? » Comme lors des précédentes grandes compétitions, notamment la Coupe du monde 2022 et la Copa América 2024, le sélectionneur Lionel Scaloni se trouve face à un choix crucial pour l’axe de l’attaque. L’autre poste offensif étant, sans l’ombre d’un doute, réservé à l’incontournable Lionel Messi. Et son triplé éclatant lors du premier match n’a fait que confirmer son statut intouchable.

Ce « dilemme de luxe » souligne la richesse du réservoir offensif argentin. Scaloni peut compter sur Lautaro Martinez, l’attaquant de l’Inter Milan, et Julian Alvarez, la star de l’Atlético de Madrid, deux des meilleurs avants-centres mondiaux selon les évaluations de Transfermarkt. Si la valeur marchande (85 millions d’euros pour Martinez, 100 millions pour Alvarez) est influencée par la durée des contrats, elle témoigne néanmoins de la qualité exceptionnelle de ces deux joueurs, Alvarez étant d’ailleurs au cœur de l’actualité mercato.

Profils distincts : Martinez le puissant, Alvarez le virtuose

Bien que tous deux attaquants prolifiques et de taille similaire (environ 1m70), Lautaro Martinez et Julian Alvarez présentent des caractéristiques de jeu bien différentes.

Lautaro Martinez, âgé de 28 ans et aligné d’entrée lors du match inaugural, apporte une dimension physique supérieure, notamment par son jeu de tête. Sa capacité à marquer de la tête (cinq buts cette saison, contre aucun pour Alvarez) représente une menace constante sur les phases arrêtées. Son style de jeu privilégie les appels en profondeur et les courses tranchantes, faisant de lui un atout majeur en contre-attaque. Il excelle également dans la surface de réparation, comme en témoigne son but acrobatique contre le Pérou. Sa robustesse dos au but et son engagement dans les duels lui confèrent une polyvalence défensive plus étendue que celle de son cadet.

Julian Alvarez, surnommé « la Araña » (l’araignée), 26 ans, se distingue par ses qualités de dribbleur exceptionnelles. Il est capable de réaliser des percées individuelles efficaces, faisant progresser le jeu de son équipe. Ce style contraste avec celui de « El Toro » (le taureau) Martinez, qui préfère les ballons en profondeur. Alvarez se montre également plus altruiste, en témoignent ses huit passes décisives cette saison. Malgré sa petite taille, qui le pénalise dans le jeu aérien (aucun but de la tête cette saison), il compense par une frappe puissante et précise des deux pieds, et une technique hors pair qui lui permet de briller même dans les espaces les plus restreints.

Statistiques : Martinez, un buteur plus prolifique en sélection

Le parcours de Lautaro Martinez en Coupe du monde est pour l’instant teinté de frustration, n’ayant pas encore trouvé le chemin des filets en huit apparitions dans cette compétition majeure. Un tournant s’est opéré lors du troisième match de poule en 2022, où les rôles entre les deux attaquants se sont inversés.

Après deux titularisations infructueuses contre l’Arabie Saoudite et le Mexique, l’attaquant de l’Inter a cédé sa place à Julian Alvarez. Ce dernier a su saisir sa chance face à la Pologne, s’imposant comme le choix numéro un de Scaloni. Avec quatre buts inscrits lors des cinq dernières rencontres du tournoi, dont un doublé décisif en demi-finale contre la Croatie, Alvarez, alors joueur de Manchester City, a conforté sa position. Il a d’ailleurs été de nouveau préféré à Martinez lors de la Copa América 2024, et ce, malgré un bilan de buts inférieur (2 contre 5).

Néanmoins, depuis juin 2024 et le début de la Copa América victorieuse de l’Albiceleste, les chiffres penchent en faveur de Martinez. Il a inscrit treize buts et délivré trois passes décisives en 1180 minutes passées sur le terrain avec la sélection, tandis qu’Alvarez totalise sept buts et deux passes décisives en 1600 minutes.

État de forme et enjeux mercato : le poids du transfert

Malgré les statistiques avantageuses de Martinez, sa performance jugée mitigée lors de la première rencontre a ravivé le débat. Julian Alvarez, qui était le choix privilégié de Scaloni ces derniers mois, n’a pas débuté en raison d’une blessure au mollet contractée en demi-finale de Ligue des champions avec l’Atlético de Madrid. Ses 35 minutes en fin de match contre l’Algérie marquaient son retour sur les terrains depuis le 5 mai. « Julian est prêt à jouer », avait pourtant affirmé Scaloni avant le coup d’envoi de la compétition.

La question demeure : Alvarez sera-t-il titularisé dès ce lundi face à l’Autriche, ou devra-t-il attendre le dernier match de groupe ? Le sélectionneur est conscient que son attaquant est au centre d’une véritable saga sur le marché des transferts espagnol, et que chacune de ses apparitions sera scrutée à travers ce prisme. Sous contrat avec l’Atlético jusqu’en 2030, l’international argentin suscite l’intérêt des plus grands clubs européens. La tension autour de ce dossier est palpable : l’Atlético avait même réagi avec ironie sur ses réseaux sociaux à une offre de 100 millions d’euros émanant des Catalans. Bien que des clubs comme Arsenal et le Paris Saint-Germain soient également mentionnés, des informations rapportées indiquent qu’Alvarez aurait signifié à l’Atlético son désir de ne plus évoluer sous la direction de Diego Simeone. Le FC Barcelone semble être une destination potentielle, mais l’épisode Alvarez promet d’animer une grande partie de l’été mercato.