Le jeudi 30 juillet, le Bénin a franchi une étape institutionnelle majeure, inaugurant officiellement son premier Sénat et embrassant ainsi le bicamérisme. Cette chambre parlementaire inédite, issue de la révision constitutionnelle de décembre 2025, a tenu sa séance inaugurale dans la capitale, Porto-Novo. Ses attributions, clairement définies par la Loi fondamentale, l’appellent à une participation active dans la régulation de la sphère politique et l’analyse de textes législatifs cruciaux avant leur adoption finale.

C’est au sein de l’Assemblée nationale, toujours à Porto-Novo, que les 25 membres constituant la première mandature du Sénat ont pris leurs fonctions. La cérémonie d’installation a été présidée par Élisabeth Pognon, en sa qualité de doyenne d’âge en second parmi les sénateurs présents. L’ouverture solennelle a débuté par un protocole rigoureux, incluant un discours inaugural et la traditionnelle photo officielle, avant que les élus ne se retirent pour des discussions à huis clos. Lors de son allocution, Élisabeth Pognon a souligné l’origine de cette nouvelle chambre, fruit de la révision constitutionnelle du 17 décembre 2025. Elle a mis en avant le rôle complémentaire du Sénat dans l’architecture des pouvoirs publics, formulant l’espoir qu’il consoliderait la confiance des citoyens africains dans les institutions et garantirait une plus grande stabilité politique pour le pays.
Les prérogatives du Sénat se distinguent clairement de celles de la Cour constitutionnelle. Tandis que la Cour se prononce sur les aspects juridiques et la conformité des lois, la nouvelle assemblée exerce les pouvoirs spécifiques que lui confère l’article 113.1 de la Constitution béninoise. Son mandat inclut la vigilance quant à la préservation de l’unité nationale, le renforcement de l’État, le respect des principes démocratiques, l’instauration de la paix et le maintien d’une trêve politique essentielle. De plus, la Constitution lui octroie la faculté d’imposer, selon des modalités définies, des sanctions affectant les droits politiques ou civiques d’individus impliqués dans la sphère publique.
Par ailleurs, le Sénat est investi du pouvoir d’émettre un avis de non-objection préalable à la promulgation des modifications constitutionnelles, des lois régissant les élections, et des textes encadrant les partis politiques et leurs activités. Cette attribution lui assure une influence significative dans le processus législatif, notamment pour les lois fondamentales qui régissent le bon fonctionnement des institutions. La chambre haute est composée de 25 sénateurs pour sa première mandature, en stricte conformité avec les dispositions constitutionnelles. Ce collège comprend des membres de droit et des personnalités nommées, incluant d’anciens dirigeants d’organismes étatiques et d’anciens officiers des forces armées et de sécurité. Avec cette mise en place, le Bénin instaure formellement un Parlement bicaméral, une architecture législative sans précédent depuis l’adoption de la Constitution du 11 décembre 1990, marquant une actualité africaine notable.