3 juin 2026
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La stratégie de défense adoptée par Kemi Seba le vendredi 26 mars 2026, face à la controverse des enregistrements audio, s’est avérée contre-productive en moins d’une journée. L’activiste panafricain, cible d’une diffusion virale d’échanges sonores le liant au tristement célèbre « bandit Agbaza », avait espéré apaiser la situation par une vidéo explicative sur ses plateformes. Cependant, cette intervention a eu l’effet inverse : loin de dissiper les doutes, elle a paradoxalement renforcé la conviction d’une vaste portion du public quant à l’authenticité de ces enregistrements.

Au cours d’une vidéo d’environ quinze minutes, présentée dans un cadre épuré, Kemi Seba a opté pour une riposte frontale. Il y a fustigé ce qu’il a décrit comme une « manipulation grossière orchestrée par les services occidentaux et leurs complices locaux », accusant ses opposants de chercher à « saboter sa lutte pour la souveraineté africaine ». Il a même exhorté ses partisans à la vigilance, les avertissant : « Ne succombez pas à leurs manœuvres, leur objectif est de nous désunir ».

Cependant, plutôt que de réfuter catégoriquement les enregistrements sonores, Kemi Seba en a, de fait, admis l’existence. Il a concédé qu’il s’agissait d’enregistrements ayant fait l’objet de transferts, sans toutefois remettre en question la substance des discussions ni l’authenticité des voix. En confirmant la circulation de ces audios et en se contentant de les qualifier de « décontextualisés » ou « altérés », il a involontairement validé sa propre participation aux échanges avec Agbaza. Cette admission partielle s’est transformée en un revers inattendu : loin d’instaurer le doute sur la véracité des contenus, elle a définitivement scellé leur crédibilité auprès de l’opinion publique.

L’écho retentissant de l’opinion publique

L’accueil de cette explication par le public fut sans équivoque. Sur les plateformes comme X (anciennement Twitter), TikTok et WhatsApp, l’afflux de réactions fut colossal et catégorique. Des milliers de commentaires, diffusés par des utilisateurs s’étendant de Cotonou à Dakar, et même jusqu’à Paris et Bruxelles, ont réitéré des interrogations similaires : « Il n’a fourni aucun démenti tangible », « En admettant qu’il s’agissait d’audios transférés, il en valide l’authenticité », « S’ils sont falsifiés, pourquoi ne dépose-t-il pas plainte contre les diffuseurs ? », « Plus il s’exprime, plus la véracité des faits semble s’imposer ». En l’espace de quelques heures, de nombreux mèmes ont émergé, superposant l’image de Kemi Seba face caméra avec des extraits des enregistrements incriminés. Le mot-clé #AudiosAuthentiques a rapidement franchi la barre des 2,5 millions de vues en moins d’une demi-journée.

Même des analystes et personnalités de la société civile, qui n’étaient pas systématiquement opposés à l’activiste, ont exprimé des critiques acerbes. Un juriste béninois a souligné : « Dans le domaine juridique, la contestation d’une preuve exige une réfutation détaillée, point par point. Or, ici, l’approche fut inverse : il a clamé à la conspiration sans jamais apporter d’explication sur la concordance frappante entre sa voix, son élocution, ses particularités verbales et des éléments spécifiques de la discussion audible sur les enregistrements. » Habib Ahandessi, autrefois proche de Kemi Seba, a renchéri : « C’est plus qu’un simple aveu. En admettant l’existence de ces audios et en les décrivant comme des transferts, il a de facto corroboré la réalité de ces échanges. On y identifie sans peine sa diction, ses tournures de phrases habituelles, ses références. L’opinion n’est pas dupe. »

Les enregistrements sonores au cœur de cette affaire, d’abord partagés au sein de cercles restreints avant de se propager massivement en ligne, mettent en lumière des conversations entre Kemi Seba et Agbaza, une figure reconnue du grand banditisme régional. Ces échanges aborderaient des sujets sensibles tels que le financement, le terrorisme, des tentatives de coup d’État et la coordination d’opérations. Ces révélations, d’après de multiples sources concordantes, soulèvent de graves interrogations quant à la distinction entre l’activisme politique et les activités criminelles.

Ainsi, loin d’apaiser les tensions, la vidéo de Kemi Seba a exacerbé les incertitudes initiales. Ce qui était perçu comme de simples fuites compromettantes quarante-huit heures auparavant s’est transformé, dans l’esprit du grand public, en une validation manifeste par l’activiste lui-même. Sollicité pour un commentaire, l’entourage de Kemi Seba a choisi de ne pas répondre à cette nouvelle vague de réprobations, un mutisme qui, une fois de plus, est interprété comme éloquent. Le débat autour de cette affaire ne fait que débuter. Cependant, un constat s’impose : en tentant de se justifier, Kemi Seba a, involontairement, apposé sa signature sur l’acte d’authenticité des enregistrements sonores qui le connectent au redoutable bandit Agbaza, aux yeux de milliers de citoyens africains.