L’actrice sénégalaise Bigué Diop, également connue sous le nom de Mame Dior, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire complexe au Sénégal. Âgée de 32 ans, cette figure du cinéma fait face à de graves accusations, notamment pour vol et des allégations d’« actes contre nature ». Initialement, le 26 mars, Bigué Diop s’était rendue à la gendarmerie pour déposer une plainte en diffamation. Cette démarche faisait suite à la diffusion de vidéos sur TikTok l’incriminant dans une affaire de vol. Cependant, son audition a pris une tournure inattendue : l’actrice a été elle-même interpellée et mise en cause pour des faits de vol.
L’enquête a progressé avec la saisie et l’examen de son téléphone portable, un élément clé qui a révélé une seconde série d’accusations. Ces dernières portent sur des faits qualifiés d’« actes contre nature », terme désignant des relations homosexuelles présumées, un sujet sensible dans le pays. Cette découverte a ajouté une dimension supplémentaire et controversée au dossier de l’actrice.
Le 2 avril, les charges se sont formalisées. Le juge en charge du dossier a décidé d’inculper Bigué Diop pour les deux affaires. Concernant les accusations de vol, qui s’étendent à des allégations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux, l’actrice a été placée sous contrôle judiciaire. Pour le chef d’accusation lié aux « actes contre nature », une mesure de bracelet électronique lui a été imposée, soulignant la gravité des enjeux légaux.
Maître Ouseynou Ngom, l’avocat de Bigué Diop, a immédiatement réfuté ces accusations avec fermeté. Il a particulièrement mis en lumière les conditions de perquisition du téléphone de sa cliente, arguant d’une potentielle violation de la législation sénégalaise en matière de cybersécurité. La défense a d’ores et déjà annoncé son intention de déposer une requête en annulation de la procédure devant la chambre d’accusation, cherchant à invalider les preuves obtenues.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte national où la législation contre l’homosexualité est un sujet de vifs débats, notamment depuis son durcissement par les députés de l’Assemblée nationale. Au-delà du cas de Bigué Diop, une recrudescence des interpellations pour des accusations similaires suscite une inquiétude grandissante au sein des organisations de défense des droits humains, qui pointent du doigt les atteintes aux libertés individuelles au Sénégal.