5 juin 2026
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En Côte d’Ivoire, la récolte d’anacardes bat de l’aile dans le Bounkani

La campagne de commercialisation de l’anacarde est en cours en Côte d’Ivoire. Le Conseil Coton Anacarde table cette année sur une production d’un peu plus d’1,3 million de tonnes de noix de cajou, un chiffre stable comparé aux années précédentes. Pourtant, cette récolte pourrait chuter de 200 000 tonnes par rapport à 2025. Certaines régions du pays, en particulier dans le nord-est, subissent des difficultés majeures, notamment dans le Bounkani.

Les producteurs ivoiriens d'anacardes subissent de plein fouet les aléas climatiques et les pratiques culturales inadaptées.

De retour de Bouna, dans le Bounkani, notre envoyée spéciale a recueilli le témoignage de Kouamé Ouattara, un producteur dont la plantation de 3 hectares n’a presque rien produit cette année. « Il y a trois ans, mes rendements atteignaient 500 kg par hectare. Aujourd’hui, je n’ai pas même deux sacs sur 3 hectares. » Selon lui, ces résultats désastreux s’expliquent par un bouleversement des pluies saisonnières. « Normalement, les grandes pluies surviennent entre novembre et décembre pour favoriser la floraison de l’anacardier. Or, cette année, les pluies se sont arrêtées en octobre. Octobre, novembre, décembre, janvier, février : pas une goutte. Sans floraison, pas de récolte possible. »

Cette situation a également un impact sur les apiculteurs qui placent leurs ruches dans les vergers d’anacardiers. Koffi Ouattara, président de l’association des apiculteurs de Koflangué, constate une chute drastique de sa production : « L’an dernier, nous avions récolté 100 litres de miel. Cette année, seulement 30 litres. C’est une véritable perte pour notre communauté. »

Des pratiques culturales défaillantes aggravées par le climat

Au-delà des aléas climatiques, les mauvaises pratiques culturales jouent un rôle clé dans cette baisse de production. Le Dr Sibirina Soro, enseignant-chercheur à l’université de Daloa et coordonnateur du projet national de recherche sur l’anacardier, explique : « La densité des vergers est un problème majeur. Beaucoup de plantations ont été installées sans respecter les normes de départ. Aujourd’hui, la densité moyenne recommandée est de 100 pieds par hectare. »

Ce spécialiste organise régulièrement des formations pour aider les producteurs à lutter contre les insectes ravageurs et à améliorer leurs techniques. Il souligne que les anacardiers ivoiriens bénéficient rarement de produits chimiques, ce qui les expose davantage aux pertes en cas de conditions défavorables.