La présidente péruvienne Fujimori renforce l’engagement du Pérou pour le Maroc
- Keiko Fujimori, présidente élue du Pérou, officialise son soutien à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le Sahara
- Cette position marque un tournant majeur après des décennies de relations ambiguës avec le Front Polisario
- Soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara
- Fin de l’ambiguïté diplomatique historique
- Retour à la position de 1996 sous l’influence de Fujimori
- Stratégie diplomatique du Maroc en Amérique latine
Dès les premiers jours de son mandat, Keiko Fujimori, nouvelle présidente du Pérou, a clairement indiqué les grandes orientations de sa politique étrangère, notamment sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc.
Lors d’un entretien avec l’ambassadeur du Maroc au Pérou, Amine Chaoudri, porteur d’une lettre de félicitations du roi Mohammed VI, la présidente élue a réaffirmé son soutien à la souveraineté marocaine et à l’initiative d’autonomie pour le Sahara, alignant ainsi le Pérou sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
Le gouvernement Fujimori a confirmé publiquement son appui à l’intégrité territoriale du Maroc et à son plan d’autonomie pour le Sahara occidental, validé comme base sérieuse par la résolution 2797 de l’ONU. Cette décision a été officialisée lors d’un échange avec l’ambassadeur marocain, qui a remis une lettre du souverain marocain soulignant « les excellentes relations entre le Maroc et le Pérou » et exprimant l’intention de renforcer leur partenariat.
Le roi Mohammed VI a salué dans ce message « la confiance que le peuple péruvien a placée en vous pour promouvoir le développement et la prospérité », tout en insistant sur « les valeurs communes et l’amitié solide » unissant les deux nations.
Fin de l’ambiguïté diplomatique historique
La position adoptée par Fujimori représente un changement radical par rapport à la politique fluctuante des gouvernements péruviens précédents, souvent marquée par des prises de position ambiguës, voire un soutien au Front Polisario.
Cette ambiguïté remonte au deuxième mandat de Fernando Beláunde Terry (1980-1985), qui avait reconnu la RASD en 1984. Son successeur, Alan García, avait même établi des relations diplomatiques avec cette entité en 1987, avant que Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, ne les suspende en 1996.
Depuis, les gouvernements successifs ont maintenu une posture incertaine, oscillant entre reconnaissance et rejet de la RASD, sans jamais clairement soutenir le plan marocain. Pedro Castillo était même revenu sur la suspension des relations avec le Polisario en 2021, avant que son successeur ne rétablisse partiellement le statu quo.
Retour à la position de 1996 sous l’influence de Fujimori
Avec l’arrivée de Keiko Fujimori, le Pérou retrouve la position adoptée par son père en 1996 : un soutien sans équivoque à l’intégrité territoriale du Maroc, à sa souveraineté sur le Sahara et à l’initiative d’autonomie. Cette nouvelle dynamique va au-delà des décisions antérieures, en intégrant explicitement la résolution 2797 de l’ONU.
Les analystes politiques soulignent que cette orientation marque la fin d’une période d’hésitation et s’inscrit dans une logique de renforcement des liens économiques et stratégiques entre le Pérou et le Maroc.
Stratégie diplomatique du Maroc en Amérique latine
Ce revirement péruvien s’inscrit dans le cadre d’une offensive diplomatique marocaine en Amérique latine, où le Front Polisario bénéficiait traditionnellement de nombreux soutiens. Grâce à une politique proactive de coopération économique, culturelle et universitaire, le Maroc a su tisser des alliances solides avec plusieurs pays de la région.
Cette stratégie a conduit de nombreux États latino-américains, autrefois favorables à la RASD, à suspendre leur reconnaissance ou leurs relations diplomatiques avec le Polisario. Parmi eux figurent la Colombie, le Guatemala, le Paraguay, la République dominicaine, Haïti, la Jamaïque, le Salvador, l’Équateur et le Panama.
Par Souleymane Ali — Grand reporter