Un coup de tonnerre a secoué la Coupe du Monde lundi à Boston : la sélection allemande de football, la Mannschaft, a été éliminée dès les huitièmes de finale par le Paraguay, après une séance de tirs au but haletante (1-1, 4-3 t.a.b.). Ce revers inattendu marque un jour noir dans l’histoire du football allemand.
Ce résultat est d’autant plus cuisant qu’il s’agit de la troisième fois consécutive que l’Allemagne échoue à atteindre les quarts de finale d’un Mondial, et surtout, c’est la première fois de son histoire qu’elle s’incline lors d’une séance de tirs au but en Coupe du Monde. Le sélectionneur Julian Nagelsmann, au cœur des critiques, a refusé de jeter l’éponge.
L’ambiance rappelait étrangement celle de 1998, avec une équipe paraguayenne vêtue de ses traditionnelles bandes rouges et blanches, érigeant un mur défensif impénétrable. Contrairement à d’autres nations ayant réussi à percer de telles forteresses, la Mannschaft, pourtant considérée comme un outsider sérieux, n’a pas trouvé la clé. Le dénouement fut cruel : une élimination aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) dès les huitièmes de finale de la Coupe du Monde, à la stupéfaction générale.
C’est un fait inédit et alarmant : pour la troisième édition consécutive du tournoi mondial, l’Allemagne ne figure pas parmi les seize meilleures nations. Plus frappant encore, cette défaite aux tirs au but brise une invincibilité historique pour la sélection en Coupe du Monde. Dans les travées de Boston, le désarroi des journalistes allemands était palpable, témoignant de l’ampleur d’un échec que personne n’aurait pu prédire.
Kimmich exprime un profond désarroi
« C’est l’un des pires jours pour le football allemand », a murmuré un confrère allemand en zone mixte, avant de disparaître, laissant place à la liesse des supporters paraguayens. Devant les micros, un Joshua Kimmich visiblement affecté tentait de trouver les mots pour analyser cette contre-performance.
« C’est terrible », a déclaré le capitaine de la Mannschaft. « Enfant, je voyais notre équipe en demi-finale, en finale de Coupe du Monde. Ces succès m’ont toujours inspiré. Nous voulions offrir cette joie aux enfants et à notre peuple resté au pays. Nous n’avons pas réussi. »
La prestation de Joshua Kimmich, habituellement pilier du milieu de terrain au Bayern Munich, a symbolisé les dysfonctionnements allemands. Son rôle hybride, indéfini entre défenseur central, arrière droit et milieu récupérateur, a semé la confusion et fragilisé le flanc droit, où Leroy Sané, en méforme, s’est retrouvé isolé et sans soutien.
Tactiques et sélections : des choix controversés ?
Face à une défense paraguayenne hermétique, l’attaque allemande s’est montrée inefficace. Après une première mi-temps stérile, seul un but de la tête de Havertz après la pause est venu animer un match où le gardien adverse, Orlando Gill, n’a pas été excessivement sollicité. Les remplacements opérés par Julian Nagelsmann n’ont pas non plus apporté le souffle espéré.
Le jeune sélectionneur, autrefois salué comme un prodige en Bundesliga, est désormais la cible de vives critiques en Allemagne. Au-delà de l’issue décevante du match, ses choix tactiques, comme l’entrée de Goretzka à la mi-temps ou celle de Woltemade en fin de rencontre, sont jugés incompréhensibles. Sa liste de joueurs pour le tournoi, incluant Jonathan Tah, un Leroy Sané en deçà de son niveau, et surtout Manuel Neuer, suscite également l’indignation.

Le retour de Manuel Neuer, 40 ans, après une brève retraite internationale, a été l’un des points les plus discutés. Malgré une saison mitigée avec le Bayern Munich et la forme éclatante d’Oliver Baumann, Nagelsmann a choisi d’aligner le vétéran. Un expert du football allemand avait prévenu avant le match : « Neuer était déjà là lors des échecs de 2018 et 2022, sa sélection de dernière minute est une erreur majeure. » Il ajoutait que cette décision avait « perturbé le groupe », avec des avis divergents entre les joueurs du Bayern et le reste de l’effectif, estimant que Neuer n’était pas parmi les meilleurs gardiens de Bundesliga cette saison et que la sélection ne pourrait pas aller loin avec lui.
L’avenir de Julian Nagelsmann en question
Malgré quelques arrêts décisifs de Manuel Neuer, notamment sur le cinquième tir au but paraguayen qui a un instant ravivé l’espoir, l’élimination est consommée. Au-delà des performances individuelles, c’est la gestion de Nagelsmann qui est désormais remise en cause. Interrogé sur son avenir après cette débâcle à Boston, le technicien allemand a affiché une certaine résilience :
« Je ne suis pas homme à fuir mes responsabilités. Ce n’est pas la première fois que nous traversons un tel tournoi. Des changements sont nécessaires, mais ce n’est pas le moment d’en discuter. Si la Fédération souhaite ma continuité, je resterai. Dans le cas contraire, elle me le fera savoir. Je connais les rouages du football. Je sais que beaucoup de monde souhaiterait me voir partir. »
Malgré une altercation avec une journaliste, Nagelsmann a pu compter sur le soutien de son capitaine, Joshua Kimmich, qu’il avait déjà dirigé à Munich. Kimmich a insisté sur la responsabilité collective : « Les Allemands ont besoin d’une source de fierté en ce moment, et malheureusement, l’équipe nationale n’en est pas une. Nous, les joueurs sur le terrain, avons commis des erreurs et nous en assumons l’entière responsabilité. Ce n’était ni l’entraîneur, ni les médias, ni l’arbitre, ni l’adversaire. C’était notre faute. » Pendant ce temps, la France, ou potentiellement la Suède, observe la situation avec un certain amusement.