5 juin 2026
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Iyad Ag Ghaly, chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), figure jihadiste majeure du Sahel

La junte militaire au pouvoir à Bamako vient de franchir une étape décisive dans sa lutte contre le terrorisme. Iyad Ag Ghaly, leader incontesté du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), est désormais la cible numéro un des autorités maliennes. Une prime exceptionnelle a été officiellement annoncée pour sa capture, marquant un tournant dans les opérations sécuritaires du pays.

Qui est Iyad Ag Ghaly, l’homme le plus traqué du Sahel ?

Surnommé le « lion du désert » par ses partisans, Iyad Ag Ghaly est une figure historique des mouvements armés au Mali. D’abord connu pour son rôle dans les rebellions touarègues des années 1990, il a progressivement basculé vers l’islam radical. En 2017, il a fondé le Jnim, une coalition de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda, devenue l’un des principaux foyers de violence dans la région.

Son influence s’étend bien au-delà des frontières maliennes, semant la terreur au Niger, au Burkina Faso et même au Nigeria. Les attaques répétées contre les forces de sécurité et les populations civiles lui valent une réputation de chef redoutable, insaisissable malgré les multiples offensives lancées contre ses réseaux.

Une prime record pour sa capture : un signal fort

Le gouvernement de transition malien a décidé de frapper fort. Une récompense colossale a été promise à quiconque fournira des informations menant à l’arrestation ou à l’élimination d’Iyad Ag Ghaly. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie globale visant à affaiblir les groupes armés et à rassurer une population épuisée par des années de conflits.

Les autorités justifient cette mesure par l’urgence de rétablir la sécurité, alors que les groupes jihadistes multiplient les attaques et étendent leur emprise sur des zones entières du pays. Pour les observateurs, cette prime pourrait aussi servir d’appât pour encourager les dissidences au sein des rangs ennemis.

Les défis d’une traque à haut risque

Cependant, les obstacles restent immenses. Iyad Ag Ghaly évolue dans un environnement hostile, bénéficiant du soutien d’une partie de la population locale et exploitant les failles des dispositifs militaires. Les experts soulignent que sa capture nécessitera une coordination sans faille entre les pays de la région, ainsi qu’une approche combinant renseignement et actions ciblées.

Le président de la junte, Assimi Goïta, a réaffirmé sa détermination à éradiquer le terrorisme, qualifiant cette chasse à l’homme de priorité absolue. Pourtant, les précédents en la matière rappellent la difficulté de la tâche : malgré des moyens considérables, peu de chefs jihadistes ont été neutralisés avec succès dans le Sahel ces dernières années.

Cette initiative marque sans doute un tournant dans la lutte contre l’extrémisme au Mali. Reste à savoir si elle suffira à inverser la tendance et à redonner espoir aux populations locales.