10 juillet 2026
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Un jalon majeur a été posé le mercredi 8 juillet 2026 à Abidjan-Cocody, marquant une collaboration renforcée entre la Banque mondiale et le Gouvernement de Côte d’Ivoire. Cinq accords de financement, totalisant 875 millions de dollars, soit environ 525 milliards de francs CFA, ont été signés. Cette cérémonie historique a également vu la signature d’un protocole d’intention tripartite avec le groupe italien Eni, visant à soutenir l’élaboration du Plan directeur gazier national.


Ces nouvelles ressources financières s’inscrivent dans la dynamique du partenariat stratégique entre le Groupe de la Banque mondiale et la Côte d’Ivoire. Elles sont destinées à appuyer les réformes structurelles initiées par les autorités, à dynamiser l’investissement privé, à consolider la gestion des finances publiques et à accélérer les initiatives de développement local ainsi que l’amélioration du capital humain.


Les projets bénéficiant de ces fonds mettent un accent particulier sur l’accroissement de l’employabilité et le renforcement des compétences des jeunes. Ils visent également à développer les infrastructures énergétiques, facilitant ainsi l’intégration régionale des marchés de l’électricité via le gaz naturel, en parfaite adéquation avec les engagements climatiques de la Côte d’Ivoire.


Lors de son intervention, Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, a salué la vision et le dynamisme des dirigeants ivoiriens dans la concrétisation de ce financement crucial. Elle a rappelé l’évolution de l’approche de l’institution dans le secteur énergétique, privilégiant désormais les solutions les mieux adaptées aux contextes nationaux, y compris le gaz, lorsqu’il est essentiel pour garantir un accès universel à l’électricité.


Elle a particulièrement rendu hommage au ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, qu’elle a qualifié de « champion de ce programme ». Ce dernier, selon ses dires, a joué un rôle déterminant en convainquant le président de la Banque mondiale d’intégrer le gaz dans l’initiative Mission 300, menée conjointement avec la Banque africaine de développement.


« Si la Banque mondiale ne prend pas en compte l’investissement dans le secteur du gaz, qui est la ressource utilisée par la majorité des pays, nous ne pourrons pas atteindre l’objectif de fournir l’accès à l’électricité à 300 millions d’Africains », a-t-elle souligné, revenant sur les discussions qui ont guidé cette réorientation stratégique.


Marie-Chantal Uwanyiligira a également mis en lumière la célérité exceptionnelle avec laquelle ce projet a été élaboré, le décrivant comme l’un des plus rapides jamais menés par la Banque mondiale. « Nous avons préparé ce projet en quatre mois. Les équipes gouvernementales et celles de la Banque mondiale n’ont pas ménagé leurs efforts », a-t-elle affirmé, louant l’engagement des experts mobilisés des deux côtés.


Elle a enfin insisté sur l’implication personnelle du ministre tout au long du processus, rappelant un déplacement dédié exclusivement à ce dossier, preuve de l’importance stratégique de ce projet pour l’avenir énergétique de la Côte d’Ivoire.


Au-delà des accords de financement, la signature du protocole d’intention entre le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, la Banque mondiale et Eni Côte d’Ivoire Limited marque une nouvelle étape décisive dans la mise en œuvre de la stratégie énergétique nationale.


Ce partenariat se concentre exclusivement sur la réalisation d’études analytiques conjointes, essentielles à la préparation du développement du secteur gazier ivoirien. La Banque mondiale, dans le respect de son mandat, apportera son expertise technique pour évaluer les besoins en infrastructures de transport, de traitement, de stockage et de distribution du gaz naturel, notamment pour les segments midstream et downstream, sans s’immiscer dans les activités d’exploration et de production.


Les trois partenaires mèneront également les études requises pour la construction des futures infrastructures de transport, de traitement et de distribution du gaz naturel, ainsi que pour l’établissement d’un cadre réglementaire et institutionnel propice à l’attraction des investissements privés, indispensables à l’essor du secteur gazier. L’objectif ultime est de valoriser de manière durable les ressources gazières nationales pour accroître la production d’électricité, soutenir l’industrialisation du pays et consolider la position de la Côte d’Ivoire comme un hub énergétique régional de premier plan.


Ce protocole d’intention est bâti sur une complémentarité des rôles entre les trois acteurs. Le Gouvernement de Côte d’Ivoire assurera la direction stratégique du processus. La Banque mondiale fournira son soutien technique et financier, notamment à travers le projet PRIME-GAS, tandis qu’Eni mettra à disposition son savoir-faire reconnu dans le développement de grands projets gaziers intégrés.