17 juin 2026
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En Côte d’Ivoire, le paysage urbain voit l’émergence de plus d’un millier de véhicules électriques en circulation. Ces automobiles, réputées pour leur silence et l’absence de consommation de carburant, connaissent un succès particulier dans le secteur des VTC, où elles promettent une nette réduction des coûts d’exploitation. Cependant, malgré cette dynamique prometteuse, le déploiement de cette mobilité verte fait face à des obstacles significatifs : un coût d’acquisition initial élevé, un réseau de bornes de recharge encore clairsemé et une dépendance persistante aux importations.

On recense en Côte d’Ivoire plus d’un millier de véhicules électriques en circulation.

À Abidjan, Mouhamed Kanaté, chauffeur VTC expérimenté, enchaîne les courses au volant de son véhicule électrique. Depuis deux ans, il contribue à l’activité de son employeur avec une recette quotidienne de 28 000 FCFA. Comptable de formation et fervent défenseur de l’environnement, Mouhamed a opté pour l’électrique afin d’optimiser ses dépenses et d’accroître sa marge bénéficiaire. « Contrairement aux véhicules thermiques, une recharge coûte au maximum 13 000 FCFA, alors que pour l’essence, le minimum est de 20 000 FCFA », explique-t-il. « Cela permet de réaliser des économies substantielles et d’assurer un meilleur revenu pour subvenir aux besoins de la famille et couvrir les charges. C’est réellement rentable. »

Les trois principaux acteurs du marché VTC ivoirien se tournent désormais vers ce mode de transport. On estime à près de 300 le nombre de véhicules électriques dédiés au transport urbain dans la capitale économique. Néanmoins, l’expansion de cette mobilité durable est freinée par plusieurs défis. Le coût d’acquisition reste un frein majeur, avec des véhicules affichés à pas moins de 14 millions de FCFA. De plus, le pays ne compte qu’une centaine de bornes de recharge, un chiffre jugé insuffisant. Mouhamed Kanaté souligne également la complexité des réparations et la rareté des pièces détachées : « Les difficultés résident dans l’entretien de l’équipement. Les pièces mécaniques sont rares. Comme ce sont des véhicules importés, il n’y a pas encore beaucoup de revendeurs de pièces détachées sur place. »

Des incitations pour stimuler l’investissement

Face à cet engouement croissant, les concessionnaires adaptent leurs offres. Sinoafrik, qui représente des marques chinoises à Abidjan, met désormais en avant les SUV et berlines électriques dans son showroom de Cocody. Initialement, il a fallu dissiper les appréhensions des clients. « Nous les avons encouragés à découvrir ces modèles, en insistant sur les avantages économiques et pratiques », témoigne Reine Trésor Gosset, commerciale. « Aujourd’hui, il y a une véritable demande, un intérêt d’achat plus marqué que la simple curiosité. Les modèles les plus prisés sont ceux destinés aux VTC et les modèles compacts. »

Le ministère des Transports s’engage à soutenir cette transition vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement, notamment par des mesures incitatives pour les investisseurs. « Notre code des investissements prévoit de nombreuses facilitations pour promouvoir et faciliter l’implantation des investisseurs », précise Jean-Marc Atché, directeur de la planification et des projets. « Nous accompagnons plusieurs projets en cours, dont la construction d’une grande usine d’assemblage de véhicules électriques directement en Côte d’Ivoire. »

L’État ivoirien entend montrer l’exemple : d’ici 2030, 10 % du parc automobile de l’administration publique devrait être composé de véhicules électriques.