Les Patriotes dénoncent une instrumentalisation de la justice au Tchad
Les Patriotes, mouvement politique tchadien, dénoncent une instrumentalisation de la justice après la condamnation de huit leaders du GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). Dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires accrues, le parti appelle à la mobilisation citoyenne et à l’intervention de la communauté internationale.
Une crise politique et sécuritaire qui s’aggrave
Lors d’une conférence de presse organisée à N’Djaména, Hisseine Abdoulaye, porte-parole des Patriotes, a dressé un tableau alarmant de la situation au Tchad. Le parti dénonce une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité grandissante, les tensions intercommunautaires et un recul des libertés fondamentales.
Sur le plan sécuritaire, le Tchad fait face à une recrudescence des attaques de Boko Haram dans la région du bassin du Lac Tchad. Parallèlement, des violences intercommunautaires dans l’est du pays, notamment dans la région du Wadi Fira, ont fait plusieurs dizaines de morts. Pour Les Patriotes, ces défis révèlent les faiblesses du système de sécurité national et alimentent un climat d’instabilité persistante.
Des condamnations politiques jugées abusives
Le parti fustige ce qu’il qualifie de durcissement autoritaire du régime en place. Il évoque notamment des événements marquants : l’assassinat de Yaya Dillo, l’emprisonnement de Succès Masra, et plus récemment, la condamnation à huit ans de prison ferme de huit leaders du GCAP. Selon Les Patriotes, ces mesures visent à neutraliser l’opposition politique et à réduire au silence les voix dissidentes.
Les responsables du mouvement critiquent la rapidité inhabituelle des procédures judiciaires engagées contre les membres du GCAP. Ils accusent le procureur de la République, le ministère de l’Administration du territoire et la Cour suprême d’avoir orchestré une manœuvre politique pour dissoudre ce regroupement d’opposition.
Des accusations sans fondement selon le parti
Les Patriotes rejettent en bloc les chefs d’accusation retenus contre les huit leaders condamnés. Parmi ces accusations, on trouve des faits d’attroupement illégal, d’association de malfaiteurs, d’insurrection, de rébellion et de détention illégale d’armes. Le parti affirme que ces allégations reposent sur des preuves insuffisantes et qualifie certaines infractions d’imaginaires.
Appel à l’intervention internationale et à la mobilisation citoyenne
Face à cette situation, Les Patriotes exhortent la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les défenseurs de l’État de droit à surveiller de près l’évolution de cette affaire. Le parti exige la libération immédiate et inconditionnelle des huit leaders emprisonnés, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.
Enfin, le mouvement lance un appel solennel à la mobilisation citoyenne, au dialogue et à l’unité nationale. L’objectif ? Préserver les valeurs démocratiques et éviter une escalade des tensions politiques et sécuritaires au Tchad.