28 avril 2026
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Les citoyens du Mali, du Niger et du Burkina Faso pourraient voir leurs recours juridiques en matière de droits humains s’amenuiser avec leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Selon Ilaria Allegrozzi, experte en droits humains au sein d’une organisation non gouvernementale, cette décision risque de fragiliser l’accès à une justice régionale indépendante pour des populations déjà confrontées à l’impunité.

Départ annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao : conséquences sur les droits humains

Une Cour de justice régionale cruciale pour les victimes

La Cour de justice de la Cédéao, tribunal indépendant, représente une bouée de sauvetage pour les populations du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Ses décisions ont marqué l’histoire en condamnant des États pour non-respect des droits fondamentaux. Par exemple, elle a reconnu la responsabilité du Niger dans un cas d’esclavage et celle du Nigeria pour les abus liés à l’exploitation pétrolière.

Comme l’explique Ilaria Allegrozzi : « Cette Cour offrait une voie de recours essentielle, notamment parce qu’elle permettait de saisir directement un tribunal régional sans avoir à épuiser les recours nationaux souvent inaccessibles ou inefficaces. » Une particularité qui en faisait un mécanisme accessible et efficace pour les victimes de violations graves.

L’impunité renforcée par l’éloignement de la Cédéao

Dans ces trois pays, les abus perpétrés par les forces de sécurité ou les autorités restent trop souvent impunis. Le départ de la Cédéao limite encore davantage les options juridiques pour les victimes. En effet, la Cour de justice de la Communauté était compétente pour traiter des affaires relatives aux droits humains, offrant une alternative aux systèmes judiciaires nationaux parfois défaillants ou partiaux.

La chercheuse souligne que cette situation aggrave les risques pour les populations déjà vulnérables : « Sans cette instance régionale, les victimes pourraient se retrouver sans recours effectif, ce qui pourrait encourager une escalade des violations des droits humains. »