26 juin 2026
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Lors d’une intervention récente, le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dénoncé avec fermeté la dépendance alimentaire du pays et présenté un plan structuré pour y remédier. L’objectif affiché est clair : atteindre l’autonomie agricole d’ici 2030 grâce à des investissements massifs.

Le constat est sans appel : le Gabon importe actuellement 80 % de sa consommation alimentaire. Une situation que le président qualifie d’« aberration », compte tenu du potentiel du territoire, qui s’étend sur 270 000 km² avec des terres arables encore largement inexploitées. Pour sortir de cette inertie, Libreville mise sur une volonté politique réaffirmée et des moyens financiers conséquents.

2027 : Le choc de l’élevage local

La première phase du plan concerne la relance de l’élevage. Le gouvernement prévoit l’introduction de 12 000 têtes de bovins pour dynamiser les filières viande et lait. Mais la mesure la plus spectaculaire vise le secteur avicole : l’importation de poulet de chair sera totalement interdite à compter du 1er janvier 2027. Un programme d’accompagnement est prévu pour soutenir les aviculteurs gabonais dans cette transition. Parallèlement, chaque province devra développer des cultures vivrières, afin de mobiliser l’ensemble du territoire dans cet effort de souveraineté.

25 milliards de FCFA pour former et financer

Pour transformer cette ambition en réalité, le président a annoncé la création d’un fonds spécial de 25 milliards de francs CFA, logé au sein de la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG). Cette enveloppe sera exclusivement réservée aux agriculteurs, aviculteurs et pêcheurs, et devra permettre à la fois la formation aux nouvelles techniques culturales et un appui financier direct.

« Le Gabon a les moyens de se nourrir lui-même. Ce qui manquait, c’était la volonté politique et l’investissement. Nous mettons les deux sur la table », a martelé le président.

L’objectif final est ambitieux : réduire de 50 % la dépendance alimentaire du Gabon d’ici 2030. Un défi de taille qui, s’il est relevé, pourrait transformer durablement l’économie et la souveraineté du pays.