15 août 2026
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La production nationale de manganèse, tombée à 9,1 millions de tonnes, a mis en lumière les lacunes critiques du réseau logistique gabonais. Les pannes fréquentes et les goulots d’étranglement sur le Transgabonais, la ligne ferroviaire menant au port d’Owendo, ont sérieusement perturbé les opérations. Pourtant, le quatrième trimestre 2025 a marqué un rebond significatif.

Cette amélioration s’explique par la relance des sites miniers de Moanda et Franceville. Selon la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DEPF), l’indice de production a enregistré une hausse de 10,8 % par rapport au trimestre précédent. Au-delà de l’extraction, une dynamique nouvelle se dessine : celle de la transformation locale du minerai.

Un tournant industriel s’annonce pour le Gabon. En juillet 2026, l’État gabonais et le groupe Eramet ont signé un protocole d’accord à Paris. Celui-ci engage le géant français à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse par an d’ici fin 2031. Trois scénarios sont envisagés : la modernisation de l’usine métallurgique de Moanda, la création d’unités de transformation à Owendo, ou encore l’implantation d’une usine dédiée à l’oxyde de manganèse pour batteries près de Libreville.

Le ministère de l’Industrie a tenu à clarifier un point essentiel : les 700 000 tonnes mentionnées ne représentent qu’un engagement d’Eramet. Les autres acteurs du secteur devront également contribuer à cette montée en puissance industrielle. Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large, celle de préparer la transition vers 2029, année où l’exportation de minerai brut sera interdite.

Pour concrétiser ces ambitions, Eramet mise sur deux leviers stratégiques : sécuriser l’approvisionnement énergétique et intégrer le biocharbon dans ses processus. Ces mesures visent à renforcer la durabilité des opérations tout en répondant aux exigences futures du marché.