Le déficit budgétaire du Gabon s’est nettement creusé en 2025, atteignant 5,3 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3,8 % un an plus tôt. Cette détérioration des finances publiques résulte principalement d’une politique budgétaire expansionniste associée à un endettement croissant. La dette publique a ainsi bondi à 78,9 % du PIB, un niveau qui a conduit à un abaissement de la note souveraine du pays en décembre 2025.
Cette aggravation intervient dans un contexte de ralentissement économique. La croissance du PIB est tombée de 3,4 % en 2024 à 2,7 % en 2025, freinée par le recul de la production pétrolière, minière, forestière et des transports. Bien que les secteurs des travaux publics, de l’industrie manufacturière et des services aient bien résisté, les dépenses publiques engagées pour soutenir l’économie ont déséquilibré le budget, accentuant les besoins de financement de l’État.
Une pression accrue sur les finances publiques
L’élargissement du déficit s’accompagne d’une montée des vulnérabilités financières. L’assouplissement de la politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale a favorisé une forte progression des crédits accordés à l’État, renforçant l’exposition des banques au risque souverain. Parallèlement, les créances douteuses continuent d’augmenter, traduisant les tensions persistantes au sein du système financier national.
Cette situation budgétaire réduit les marges de manœuvre du gouvernement face aux défis sociaux. La pauvreté est restée quasi stable à 33,1 % de la population en 2025, tandis que le chômage demeure élevé à 20,2 %, touchant particulièrement les jeunes et les femmes. Un redressement durable des finances publiques nécessiterait une maîtrise accrue des dépenses, une gestion plus soutenable de la dette et des réformes pour renforcer les recettes de l’État.