3 juin 2026
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Dans la langue fulfuldé, l’expression Domol Leydi se traduit par « Gardiens de la terre ». Pour l’administration du Niger, ce terme désigne désormais des unités territoriales d’autodéfense. Ce nouveau corps de volontaires, instauré officiellement par ordonnance lors du Conseil des ministres du 27 mars, vise à intensifier la riposte contre les groupes armés qui déstabilisent ce pays du Sahel depuis 2017.

Des Nigériens se réunissent aux abords du stade Général-Seyni-Kountché à Niamey, lors d’une séance de recrutement pour former une milice civile, le 19 août 2023.

Une force de proximité sous contrôle militaire

Le recrutement de ces supplétifs se fera parmi les anciens militaires ou les résidents volontaires des zones concernées. Intégrés aux forces de défense et de sécurité, ils agiront sous les ordres directs de l’armée. Leurs prérogatives incluent des missions de sensibilisation, la collecte de renseignements stratégiques et la protection immédiate de leurs localités respectives.

Cette mobilisation citoyenne est perçue localement comme un tournant majeur dans la gestion de ce conflit asymétrique. L’idée centrale est de s’appuyer sur la connaissance intime du terrain : personne ne maîtrise mieux les sentiers isolés et les points d’eau que les habitants eux-mêmes. Pour de nombreux observateurs de l’actualité africaine, impliquer directement les citoyens africains dans la protection de leur patrie est devenu un défi incontournable.

Déléguer la sécurité pour plus d’efficacité

En confiant une partie de la surveillance à ces auxiliaires, les autorités font le pari de l’ancrage local. Si cette initiative soulève des questions sur le partage de la force armée, elle est souvent qualifiée de « mal nécessaire » pour faire face à l’ampleur de la menace sécuritaire actuelle.