30 juillet 2026
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chaise royale vide

À l’occasion du 27e anniversaire de son intronisation, le Roi Mohammed VI a prononcé un discours qui résonne comme un bilan de près de trois décennies de règne. Un texte où se mêlent fierté des réalisations et interrogations sur les zones d’ombre d’un pouvoir ininterrompu depuis 1999.

Une vision stratégique mise en avant, des succès économiques affichés

Le Souverain a choisi de souligner les avancées économiques du Maroc, évoquant un taux de croissance de 4,9 % en 2025, une première place continentale pour l’exportation automobile et un tourisme en pleine expansion avec près de 20 millions de visiteurs. Des chiffres qui, selon lui, ne relèvent pas du hasard mais bien d’une « vision stratégique claire » et d’une gouvernance rigoureuse.

Le discours met en lumière une dynamique de développement présentée comme cumulative, transcendant les alternances politiques. Le Roi a insisté sur le fait que ces performances sont le fruit d’une « dynamique vertueuse », fruit de choix majeurs et non de l’action d’un seul gouvernement.

La responsabilité politique au cœur du débat

Pourtant, c’est précisément cette logique qui soulève des questions. En attribuant les succès à une vision d’État, le discours place la responsabilité politique au sommet de l’institution monarchique. Dès lors, comment expliquer la persistance de défis sociaux et économiques malgré vingt-sept ans de cette même stratégie ?

Le texte royal promouvoit la stabilité et l’efficacité des institutions, appelant à une « responsabilité partagée » entre les différentes branches du pouvoir. Pourtant, cette approche holistique du leadership rend difficile, sur le plan politique, de dissocier les échecs des gouvernements successifs de ceux imputables à l’échelle nationale.

Le Souverain a évoqué une « autocritique constructive », mais celle-ci est restée voilée dans l’allocution publique, laissant planer un doute sur la transparence des bilans.

Un nouveau cycle politique en suspens

Le discours de 2026 ne clôt pas le débat ; il l’ouvre davantage. En annonçant un « nouveau cycle » après les élections législatives, le Roi confirme la poursuite des réformes et la préservation des acquis, sans rupture avec les orientations passées.

En réclamant la confiance pour l’avenir tout en s’appropriant le récit des succès passés, le texte laisse en suspens la question cruciale de l’imputabilité des lacunes d’un règne de près de trois décennies.