7 juillet 2026
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Diomaye Faye et Ousmane Sonko : l’alliance brisée au cœur d’une crise politique au Sénégal

La rupture entre Diomaye Faye, président du Sénégal, et Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, semble irréversible. Cette annonce récente de la création prochaine d’un nouveau parti par le locataire du Palais de la République confirme une division profonde au sein de la coalition au pouvoir.

Une scission aux conséquences immédiates pour le PASTEF

Le Parti africain du travail, de l’éthique et de la fraternité (PASTEF) porte désormais les stigmates d’une rivalité qui dépasse le simple désaccord politique. Avec plus de 300 maires parmi les 600 du pays, Faye dispose d’un réseau solide pour bâtir son futur parti. Pourtant, cette initiative s’inscrit dans un contexte où le poids réel de Diomaye Faye au sein du PASTEF a été clairement affaibli, notamment après la formation du dernier gouvernement.

La donne a changé depuis que Ousmane Sonko a pris l’ascendant au sein du parti. Les réformes parlementaires récentes, notamment l’impossibilité pour un président de cumuler les fonctions de chef de l’État et de président de parti, ont encore réduit les marges de manœuvre de Faye. Dans un pays où les chefs d’État africains contrôlent généralement les formations politiques qui les ont portés au pouvoir, cette situation est inédite.

Des calculs politiques qui menacent l’unité du PASTEF

La décision de créer un nouveau parti relève moins d’une stratégie de gouvernance que d’un calcul politique. Ousmane Sonko, lui aussi, avait autrefois suivi cette voie. Aujourd’hui, le PASTEF apparaît comme la première victime de cette rivalité. Non seulement la scission divise les militants, mais elle risque aussi de saper les fondements mêmes du parti, déjà fragilisé par des dissensions internes.

Cette crise profite avant tout à l’opposition, qui pourrait bien tirer profit des divisions pour s’imposer lors des prochaines élections. Un scénario redoutable pour Diomaye Faye et Ousmane Sonko, dont les ambitions pourraient être balayées par un troisième acteur politique inattendu.

Le Sénégal face à une instabilité politique et économique

Plutôt que de se concentrer sur les priorités des Sénégalais — dont les attentes en matière de développement et de bien-être restent élevées — les deux leaders du PASTEF semblent s’enliser dans une querelle de leadership. Cette situation pourrait conduire à une dissolution de l’Assemblée nationale et à de nouvelles élections, un processus coûteux pour un pays dont l’économie peine à se redresser.

Les conséquences d’une telle crise ne se limitent pas à la sphère politique. Elles pourraient plonger le Sénégal, souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique, dans une instabilité durable. Une cohabitation de fait s’installe déjà entre les deux hommes, et si rien ne change, le pays pourrait sombrer dans une crise multidimensionnelle, économique, sociale et politique.

Un appel à la raison pour éviter l’irréparable

Pour éviter que leur héritage ne soit réduit à néant, Diomaye Faye et Ousmane Sonko devraient privilégier l’intérêt général plutôt que leurs ambitions personnelles. Le temps presse : chaque jour perdu dans cette querelle éloigne le Sénégal de ses objectifs de développement et de stabilité. Une réconciliation, même tardive, pourrait encore sauver la situation.