3 août 2026
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Déplacés du Mali : l’urgence humanitaire après la fuite de Kouakourou

Deux semaines après avoir quitté Kouakourou, dans le centre du Mali, des milliers de familles se retrouvent dans une situation de grande vulnérabilité. Leur exil forcé fait suite à l’ultimatum imposé par les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda. Sans autre choix, ces habitants ont abandonné leurs foyers pour échapper à la menace.

L’offensive jihadiste contre le camp militaire de Kouakourou a contraint près de 5 000 personnes à fuir vers des zones plus sûres. Les destinations principales ? Djenné, Bamako et Mopti. Dans cette dernière ville, plus de 400 déplacés ont trouvé refuge dans une école, où les autorités locales tentent de leur offrir un abri temporaire.

Des conditions de vie précaires et une aide insuffisante

Malgré une assistance alimentaire fournie par des donateurs et la mairie, les conditions d’accueil restent très difficiles. Les salles de classe, transformées en dortoirs, ne suffisent pas à héberger tout le monde. Certaines familles sont contraintes de passer la nuit dans la cour de l’établissement, tandis que les pluies récentes aggravent encore leur misère en les forçant à se regrouper à l’intérieur.

L’abandon des biens et l’inquiétude pour l’avenir

Le drame ne se limite pas aux difficultés matérielles. Ces familles vivent aussi avec l’angoisse d’avoir tout perdu : maisons, récoltes en cours et objets du quotidien. Plusieurs témoignages recueillis sur place révèlent que beaucoup n’ont pu emporter que les vêtements qu’ils portaient. Pire, certains auraient vu leurs téléphones confisqués par les jihadistes lors de leur départ précipité.

Leur situation est d’autant plus critique qu’elle coïncide avec la période des semailles. Le déplacement massif perturbe gravement les activités agricoles, privant ces foyers de leurs moyens de subsistance. Pour l’instant, le retour à Kouakourou est impensable, faute de sécurité. Pourtant, c’est bien ce retour qui représente pour eux l’unique lueur d’espoir.