Une offensive rebelle sans précédent secoue le Mali
Le Mali fait face à une crise sécuritaire majeure avec des attaques simultanées menées par des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes. Ces assauts, qui ont touché plusieurs villes dont Bamako, la capitale, constituent l’une des plus graves menaces pour le régime militaire en place depuis cinq ans. Une situation d’autant plus critique que les alliés russes de la junte ont quitté la ville de Kidal, dans le Nord, sans opposer la moindre résistance.
Les images choquantes de la fuite russe de Kidal
Des vidéos ont capté l’étrange spectacle d’une colonne de véhicules militaires russes quittant Kidal sans combattre. Les nouveaux occupants de la ville, des rebelles touaregs soutenus par des djihadistes, ont ainsi pris le contrôle de ce bastion stratégique sans que les forces de l’Africa Corps – les 2 500 soldats russes déployés au Mali – ne réagissent. Une défaite symbolique pour le régime malien et un revers cuisant pour Moscou.
Des djihadistes défient les Russes avant d’attaquer
La veille de ces événements, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, avait revendiqué des attaques dans plusieurs régions du pays, y compris Bamako. Dans un communiqué, ils avaient même appelé les Russes à ne pas intervenir, afin de préserver une éventuelle future collaboration. Pourtant, ces derniers sont restés totalement passifs malgré l’ampleur de la menace.
Le régime malien sous pression : un bilan désastreux
Le pouvoir en place à Bamako subit des coups durs : le ministre de la Défense a été tué lors d’une attaque contre sa résidence, tandis que les groupes armés ont étendu leur emprise sur de vastes zones du territoire. Kidal, reprise en 2023 grâce au soutien russe après onze ans de contrôle touareg, est désormais perdue. Une victoire éphémère qui illustre l’échec de la stratégie militaire actuelle.
Une population prise en étau entre putschistes et djihadistes
Le mécontentement grandit face à la confiscation du pouvoir par la junte, qui a dissous les partis politiques et installé un chef d’État sans élection. Bamako a récemment subi un blocus l’empêchant d’importer du carburant, aggravant la crise humanitaire. Si la chute du régime n’est pas imminente, sa position est plus fragile que jamais.
Un risque d’embrasement régional
La situation au Mali pourrait avoir des conséquences dramatiques pour toute l’Afrique de l’Ouest. Les indépendantistes touaregs et les groupes djihadistes se disputent le territoire, tandis que le GSIM, déjà actif au Mali, pourrait étendre ses opérations au Niger et au Burkina Faso, membres comme le Mali de l’Alliance des États du Sahel. Les pays côtiers, comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, sont également menacés par la propagation de l’insécurité.
L’échec d’une décennie de lutte antiterroriste
Depuis l’intervention française de 2014, qui avait sauvé Bamako d’une colonne djihadiste, les succès initiaux n’ont pas été suivis d’une stabilisation durable. La frustration des Maliens a conduit à des coups d’État et au départ des forces françaises, remplacées par les Russes. Quatre ans plus tard, l’échec est patent : le Mali sombre dans le chaos, au détriment de sa population.
Que réserve l’avenir au Mali ?
Avec la perte de Kidal et l’incapacité des autorités à endiguer la crise, le pays risque un morcellement territorial. Les groupes armés profitent de cette faiblesse pour étendre leur influence, tandis que les citoyens, pris entre deux feux, subissent les conséquences d’une mobilisation citoyenne insuffisante et d’un journalisme africain indépendant souvent muselé. L’éveil citoyen devient plus que jamais une nécessité pour éviter une catastrophe humanitaire et sécuritaire.