21 mai 2026
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Conseil des ministres : Ousmane Sonko pointe les blocages du système judiciaire

Le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué, lors du Conseil interministériel de ce jeudi, les lenteurs persistantes dans le traitement des dossiers judiciaires liés aux affaires de gestion des fonds publics. Une réunion au cours de laquelle il a interpellé directement la ministre de la Justice, Yassine Fall, sur l’efficacité des procédures en cours.

Dans un échange marqué par une fermeté inhabituelle, le chef du gouvernement a dénoncé un sentiment d’impunité persistant, soulignant que plusieurs affaires sensibles ne connaissent toujours pas de suites concrètes, malgré l’ampleur des ressources financières présumées détournées. Pour Ousmane Sonko, ces retards menacent la crédibilité même des institutions et fragilisent la confiance des citoyens dans l’action publique.

Ousmane Sonko lors d'une conférence de presse

Des responsabilités à tous les niveaux

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’identifier clairement les responsabilités, qu’elles soient administratives, politiques ou judiciaires. Il a évoqué des dysfonctionnements structurels entravant le bon déroulement des enquêtes, évoquant même un blocage systémique dans le traitement de certains dossiers. Une situation qu’il juge intolérable au regard des enjeux de transparence et de reddition des comptes.

Dans sa réponse, la ministre de la Justice a reconnu les défis opérationnels et institutionnels auxquels sont confrontés les services judiciaires. Elle a toutefois réaffirmé l’engagement de son département à faire avancer les procédures en cours, en s’appuyant sur les éléments disponibles pour poursuivre les personnes impliquées dans ces affaires.

Transparence et célérité : les priorités du gouvernement

Ousmane Sonko a maintenu la pression en exigeant une accélération sans précédent des enquêtes et une plus grande visibilité sur leur avancement. Pour lui, la reddition des comptes n’est pas une simple formalité, mais un impératif démocratique essentiel pour restaurer la légitimité des institutions. Il a conclu son intervention en rappelant que ces dossiers relèvent de l’intérêt général et doivent être traités avec rigueur et diligence.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption occupent une place centrale dans l’agenda politique du Sénégal en 2026. Les déclarations du Premier ministre reflètent ainsi une volonté affirmée de rompre avec les pratiques passées et de renforcer l’efficacité de l’appareil judiciaire.