15 août 2026
bd9821d5-04fb-4a85-8790-16e76a5691a8

Crise diplomatique Espagne-Maroc : le PP exige des comptes sur Sebta et Melilla

L’Espagne reste sous le choc de l’afflux migratoire massif vers Sebta à la fin juillet 2026. Les déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, relancent une polémique qui s’étend désormais jusqu’au Parlement espagnol.

Par Marouane Kabbaj
Publié le 14 Août 2026 à 13:13. | 2 min de lecture

Jaime de los Santos

Jaime de los Santos

Les déclarations d’Abdellatif Ouahbi, ministre marocain de la Justice, ont déclenché une tempête politique en Espagne. Lors d’un entretien diffusé mardi, il a réaffirmé la position de Rabat sur les villes de Sebta et Melilla, qu’il considère comme marocaines et a rappelé que leur statut restait « sur la table » dans le cadre d’un dialogue constructif. Le ministre a également pointé du doigt les carences espagnoles dans la gestion de la crise migratoire de fin juillet, notamment concernant le retour des mineurs marocains non accompagnés, tout en refusant que le Maroc endosse le rôle de « gendarme migratoire » de l’Europe.
Face à cette escalade, le Parti populaire (PP) a saisi l’opportunité pour mettre la pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez. Le parti conservateur exige désormais la convocation immédiate de l’ambassadrice du Maroc à Madrid pour des consultations officielles. Une demande motivée par les prises de position marocaines, mais aussi par la gestion chaotique de l’afflux migratoire à Sebta.
Jaime de los Santos, député populaire en déplacement à Barcelone, n’a pas hésité à comparer cette situation avec celle de l’Italie, dont l’ambassadeur avait été convoqué quelques semaines plus tôt après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Une comparaison qui vise à souligner l’incohérence de la réponse espagnole face aux provocations marocaines, d’autant que le passage massif de migrants et les déclarations sur la souveraineté espagnole sur Sebta et Melilla auraient, selon lui, justifié une réaction ferme.
Le PP ne s’en tient pas là. Le parti a déposé plusieurs questions écrites au Congrès des députés, exigeant du ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, des explications sur les échanges tenus avec son homologue marocain depuis la crise migratoire, ainsi que sur les suites données aux déclarations d’Ouahbi concernant le statut des deux enclaves.
Autre grief du PP : la menace, selon eux, de Rabat de suspendre l’accord d’extradition entre le Maroc et l’Espagne. Un instrument jugé essentiel par les conservateurs pour organiser le retour des migrants ayant franchi la clôture frontalière.
Cette affaire, loin d’être close, illustre les tensions persistantes entre Madrid et Rabat. Tandis que l’opposition cherche à transformer ce dossier en arme politique contre l’exécutif, le gouvernement Sánchez reste pour l’instant sourd aux appels à une fermeté accrue.