21 septembre 2026
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L’exploitation artisanale du coltan et de l’or dans l’est de la République démocratique du Congo peut-elle encore se poursuivre sans que la violence des groupes armés soit documentée et dénoncée ? La question se pose avec une acuité nouvelle dans un rapport où Amnesty International accuse le M23, groupe armé antigouvernemental soutenu par Kigali, de « terribles atteintes aux droits humains » à l’encontre des mineurs artisanaux.

Un rapport qui place le M23 face à ses dénégations

Depuis sa résurgence en 2021, le M23 s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’est de la RDC, une région riche en ressources naturelles. Le groupe tire d’importants revenus de l’exploitation de ces minerais, ce qu’il n’a jamais reconnu publiquement. Le document rendu public cette semaine vient contredire cette ligne de défense en s’appuyant sur des témoignages de mineurs et de familles de victimes.

Rubaya, la cité minière qui pèse 15 % du coltan mondial

Parmi les positions conquises par le M23, la cité minière de Rubaya occupe une place centrale : elle fournit à elle seule 15 % de la production de coltan, un minerai stratégique dont dépend l’industrie électronique mondiale. Le contrôle de ce site conditionne donc bien plus qu’un enjeu local.

Une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais

Selon des experts de l’ONU, le groupe armé a instauré à Rubaya une taxe sur la production et la commercialisation des minerais. Une pratique que le M23 a toujours contestée, malgré les éléments réunis par les enquêteurs internationaux.

Exécutions sommaires, torture, travail forcé : ce que documente l’ONG

Dans ce rapport, Amnesty International affirme que des combattants du M23 se sont rendus coupables d’« exécutions sommaires », de « torture et autres mauvais traitements », de « détentions arbitraires », de « travail forcé » et de « recrutement forcé » sur des sites miniers placés sous leur contrôle.

Dix mineurs frappés à mort, deux abattus, six enlevés puis retrouvés sans vie

L’organisation dit avoir recueilli des informations sur l’exécution sommaire de 18 mineurs artisanaux à Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, mais aussi dans la mine d’or artisanale de Lomera, située dans la province voisine du Sud-Kivu. « Selon les témoins et les familles des victimes, 10 d’entre eux ont été frappés à mort, deux ont été tués par balle et six ont été enlevés puis retrouvés morts », précise le texte.

Coups, cellules souterraines et ordres impossibles à respecter

Les récits collectés décrivent un quotidien marqué par la brutalité. Des mineurs ont expliqué à Amnesty International qu’ils étaient roués de coups lorsqu’ils demandaient une pause, refusaient de remettre leur minerai ou enfreignaient les consignes, même de façon minime. Plus de vingt mineurs de Rubaya ont par ailleurs été détenus dans des cellules souterraines et « frappés trois fois par jour » par des combattants du M23, relate l’organisation.

Quel avenir pour les mineurs artisanaux de l’est de la RDC ?

Au-delà du cas de Rubaya, c’est toute la question de la traçabilité des minerais issus de zones contrôlées par des groupes armés qui se trouve reposée. Tant que le coltan et l’or continueront d’alimenter les revenus du M23, les communautés minières resteront exposées à des violences que les témoignages décrits ici ne font qu’effleurer. La réponse des acteurs de la chaîne d’approvisionnement et des instances internationales déterminera si les mineurs artisanaux de l’est de la RDC pourront un jour travailler sans risquer leur vie.