5 juin 2026
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Chef djihadiste malien : Iyad Ag Ghaly et ses complices mis à prix

Portrait d'Iyad Ag Ghaly.
Temps de lecture : 6 min

Le gouvernement malien a annoncé, par voie officielle, une récompense financière exceptionnelle pour la capture d’Iyad Ag Ghaly, chef du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), et de plusieurs de ses principaux lieutenants. Cette décision intervient après des attaques d’une gravité inédite ayant visé Kidal et Kati en avril dernier, impliquant conjointement des éléments djihadistes et séparatistes. Ces événements ont entraîné la perte tragique du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Une prime record pour des figures du terrorisme au Sahel

Scène de marché au Mali.

Dans un communiqué diffusé par la télévision nationale, le ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile a détaillé les montants alloués pour la capture de sept individus considérés comme des menaces majeures pour la stabilité du pays. La prime la plus élevée, s’élevant à 2 milliards de francs CFA, est destinée à Iyad Ag Ghaly, leader du JNIM, également connu sous le nom de Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

Parmi les autres cibles prioritaires figurent :

  • Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, et Abdoulaye Mohamed (alias Habib), tous deux associés à la même katiba, pour une prime de 1,5 milliard de francs CFA chacun ;
  • Algabas Ag Intallah, figure politique et militaire du Front de libération de l’Azawad (FLA), dont la tête est mise à prix pour 1 milliard de francs CFA ;
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, trois responsables du FLA, pour une récompense de 500 millions de francs CFA chacun.

Les autorités appellent la population à coopérer activement avec les forces de défense et de sécurité pour localiser ces individus. Les informations transmises doivent être fiables, vérifiables et exploitables afin de permettre leur arrestation ou leur neutralisation.

Contexte : des attaques aux conséquences dramatiques

Cette annonce survient deux mois après les attaques coordonnées du 25 avril, menées par des combattants du JNIM en collaboration avec des séparatistes du FLA. Ces assauts ont causé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, et semé la panique dans plusieurs régions du Mali. Les cibles incluaient des positions stratégiques à Kidal et Kati, illustrant une escalade sans précédent de la violence dans le pays.

Qui est Iyad Ag Ghaly, la tête de pont du terrorisme au Sahel ?

Iyad Ag Ghaly lors d'une conférence en 2012.

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly est une figure emblématique du terrorisme sahélien. Son parcours, marqué par des alliances stratégiques et des rebellions successives, en fait l’un des acteurs les plus redoutés de la région.

Dans les années 1970, il s’engage aux côtés du colonel Kadhafi en Libye, participant à des conflits au Liban et au Tchad. De retour au Mali au début des années 1990, il fonde le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), déclenchant une nouvelle rébellion touarègue. Après des années de lutte armée, il signe un accord de paix avec l’État malien en 1992.

Cependant, son engagement se radicalise progressivement vers l’islamisme et le djihadisme. En 2007, il se lie avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), affilié à Al-Qaïda, qui deviendra plus tard Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2012, il crée Ansar Dine, un groupe salafiste djihadiste, avant de fonder en 2017 le JNIM (GSIM), une coalition de plusieurs factions djihadistes maliennes affiliées à AQMI et à Al-Qaïda.

Selon le Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly est désormais considéré comme l’homme le plus recherché du Sahel et une menace existentielle pour le Mali. Son organisation, le JNIM, mène une stratégie de blocage économique, ciblant les infrastructures vitales comme les routes et les lignes électriques pour asphyxier le pays et déstabiliser le gouvernement de Bamako.

Le Timbuktu Institute souligne que son objectif n’est pas de prendre le pouvoir directement, mais de provoquer l’effondrement du régime actuel en rendant la vie quotidienne insupportable pour les populations. Cette approche indirecte, combinée à son influence persistante, place les autorités devant un défi sécuritaire sans précédent.

Un mandat d’arrêt international a également été émis contre Iyad Ag Ghaly par la Cour pénale internationale (CPI), qui le recherche pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2012 et 2013.