3 juin 2026
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Une avancée majeure dans la lutte contre le paludisme au Burkina Faso

Le Burkina Faso marque une étape décisive dans sa stratégie de lutte contre le paludisme, avec une baisse historique des cas et des décès en 2025. Cette progression s’inscrit dans une vision ambitieuse : l’élimination complète de la maladie d’ici à 2030. Le ministre de la Santé, Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, a partagé ces résultats encourageants lors d’une conférence de presse à Ouagadougou, soulignant l’engagement sans faille des autorités.

Des chiffres records en 2025

Les statistiques révèlent une réduction spectaculaire des cas de paludisme au Burkina Faso : 10 805 000 cas en 2024 sont tombés à 7 329 000 cas en 2025, soit une diminution de 32 %. Chez les enfants de moins de 5 ans, la baisse atteint 38 %, avec plus de 1 900 000 cas en moins.

Les décès liés au paludisme ont également connu un recul marqué, passant de 3 523 cas en 2024 à 1 900 cas en 2025, soit une chute de 48 %. Parmi les enfants de moins de 5 ans, 893 décès ont été évités en 2025, démontrant l’efficacité des mesures mises en place.

Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Une stratégie nationale renforcée pour atteindre l’objectif 2030

Le Dr Kargougou a réaffirmé l’ambition du Burkina Faso : « éliminer le paludisme d’ici 2030 ». Pour y parvenir, plusieurs leviers sont activés :

  • Renforcement de l’assainissement des environnements pour limiter les risques de transmission.
  • Mise en œuvre d’interventions à haut impact : vaccination contre le paludisme, distribution de moustiquaires imprégnées, et utilisation de traitements préventifs combinés (CPS+).
  • Communication ciblée pour encourager les changements de comportements.
  • Implication communautaire et mobilisation des acteurs locaux.
  • Financement durable des programmes de lutte.

Ces actions s’appuient sur une mobilisation multisectorielle, coordonnée par le Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP). Le ministre a souligné que cette approche intégrée est essentielle pour garantir le succès de l’élimination.

Des moustiquaires de nouvelle génération pour une protection renforcée

Parmi les mesures phares, la distribution universelle et gratuite de moustiquaires bi-imprégnées a permis de couvrir près de 15 millions de foyers. Ces moustiquaires, plus efficaces contre la résistance aux insecticides, visent un taux d’utilisation d’au moins 80 % dans les ménages.

Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont sillonné les villes et villages, y compris les zones difficiles d’accès, pour assurer une couverture équitable. Cette proximité a permis de renforcer l’appropriation communautaire et la responsabilité collective dans la prévention du paludisme.

Vaccination gratuite : une première historique

Depuis le 14 août 2025, la vaccination gratuite contre le paludisme est déployée dans les 70 districts sanitaires du pays. Cette initiative, qualifiée d’historique par le ministre, marque une avancée majeure dans la prévention de la maladie, particulièrement chez les enfants les plus vulnérables.

La bataille des comportements : clé de l’élimination

Le Dr Kargougou a rappelé que la lutte contre le paludisme repose avant tout sur des changements de comportements et une adhésion sociale. Les stratégies adoptées incluent :

  • Campagnes d’information adaptées aux réalités locales.
  • Implication des leaders communautaires et religieux pour sensibiliser les populations.
  • Sensibilisation porte-à-porte et engagement des médias.
  • Promotion des bonnes pratiques : utilisation systématique des moustiquaires, vaccination des enfants, consultation rapide en cas de fièvre.

Ces efforts ont permis de transformer les outils de prévention en pratiques effectives, contribuant ainsi à la baisse significative des cas et des décès.

Un appel à l’union nationale

Le ministre a conclu en appelant à une mobilisation continue de tous les acteurs : collectivités territoriales, société civile, partenaires techniques et financiers, leaders communautaires, médias et populations. « Ensemble, nous avons démontré qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso. »

Ces résultats encourageants prouvent que, grâce à une stratégie globale et inclusive, l’objectif d’élimination du paludisme d’ici 2030 est à portée de main.