1 août 2026
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Un modèle agricole innovant pour répondre aux attentes des consommateurs

Depuis une décennie, le Mali voit émerger une alternative durable face à la demande croissante en produits alimentaires sains et locaux. Le Réseau solidaire en agroécologie paysanne et citoyenne (Resapac) incarne cette dynamique en privilégiant les circuits courts et une consommation responsable. Son objectif ? Offrir aux habitants de Bamako un accès privilégié à des denrées de qualité, tout en assurant une rémunération juste aux producteurs engagés dans l’agroécologie.

Des marchés bio qui rapprochent producteurs et consommateurs

Le Resapac repose sur une structure tripartite unissant producteurs, transformateurs et consommateurs autour de valeurs communes : transparence, durabilité et équité. En éliminant les intermédiaires, le réseau permet aux citadins de Bamako de découvrir l’origine exacte de leurs achats et les méthodes de culture employées. Une approche qui transforme le consommateur en acteur engagé, soucieux de la santé et de l’environnement.

Parmi les membres du réseau, Abdoulaye Sacko, maraîcher à Bamako, témoigne des bénéfices concrets de cette collaboration :

« En cultivant mes légumes sans intrants chimiques et en adhérant au Resapac, j’ai non seulement amélioré mes revenus, mais aussi renforcé la confiance des consommateurs envers mes produits. Ce modèle m’a permis de m’inscrire dans une économie locale et solidaire, tout en préservant les sols et la biodiversité. »

Des marchés en expansion pour une distribution de proximité

Née il y a plus de dix ans avec un seul point de vente à Sotuba, l’initiative du Resapac s’est progressivement étendue à quatre sites stratégiques dans la capitale malienne : Sotuba, Badalabougou, Magnambougou et l’Hippodrome. Djènèba Diallo, coordinatrice des marchés, souligne l’évolution remarquable de ce projet :

« Ce qui a commencé modestement est devenu un réseau dynamique comptant désormais quatre marchés réguliers. Chaque semaine, des centaines de familles viennent s’y approvisionner en produits frais, cultivés selon des méthodes respectueuses de l’environnement. »

Elle ajoute :

« Les consommateurs qui découvrent nos marchés sont souvent surpris par la qualité et la fraîcheur des produits. Contrairement aux légumes des circuits traditionnels, qui se dégradent rapidement, nos fruits et légumes bio conservent leurs propriétés plusieurs jours après l’achat. »

Une prise de conscience collective pour une agriculture durable

L’engouement pour les circuits courts au Mali reflète une prise de conscience plus large : celle de la nécessité de concilier santé publique, équité économique et préservation des ressources naturelles. En misant sur des pratiques agroécologiques, le Resapac prouve qu’il est possible de nourrir les villes tout en protégeant les écosystèmes locaux. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres régions africaines en quête de modèles alimentaires durables.