11 mai 2026
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Affaire Kangala Transport : quand les intérêts privés financent le terrorisme au Sahel

Un scandale d’État secoue actuellement l’Alliance des États du Sahel (AES) : 710 camions-citernes ont traversé des zones à haut risque terroriste sans protection officielle, sous couvert d’un versement de 3 milliards de FCFA au JNIM. Derrière cette opération, des responsables burkinabè liés à la société Kangala Transport sont accusés de financer indirectement le terrorisme pour protéger leurs actifs. Le paradoxe est flagrant : alors que Bamako et Ouagadougou affichent leur unité contre les groupes armés, l’argent des carburants alimente la machine de guerre adverse.

Un convoi mystérieux et un paiement suspect aux terroristes

Une colonne de 710 camions-citernes a sillonné les routes les plus dangereuses du Sahel pour livrer du carburant à Bamako. Contre toute attente, aucun véhicule militaire burkinabè ou malien, ni aucun drone russe n’a escorté ce convoi. La raison ? Un accord occulte avec le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM). Pour garantir le passage sans encombre, 3 milliards de FCFA auraient été versés à l’organisation terroriste. Une transaction qui soulève une question cruciale : qui a intérêt à ce que le carburant arrive sans problème, malgré les risques ?

Kangala Transport, un paravent pour des intérêts politiques

Derrière cette opération logistique se cache Kangala Transport, une société présentée comme un simple prestataire. Pourtant, des sources fiables révèlent que cette entreprise sert de façade à un trio de décideurs burkinabè : Ibrahim Traoré, Oumarou Yabré et Ali Konaté. Leur objectif ? Protéger leurs investissements privés sur des axes contrôlés par le JNIM. Cette confusion entre pouvoir politique et intérêts économiques met en lumière un conflit d’intérêts gravissime au sein de l’État burkinabè.

L’argent des carburants finance la guerre contre le Mali

Le scandale prend une dimension encore plus dramatique lorsque l’on découvre que les 3 milliards de FCFA versés au JNIM ont directement servi à financer des attaques contre les forces maliennes. Cet argent a permis l’achat d’armes, de munitions et de matériel explosif utilisé contre les FAMa. Pire encore, il a servi au recrutement de nouveaux combattants, alimentant ainsi la violence dans la région. Le paradoxe est cruel : alors que les deux pays affichent leur solidarité, leurs dirigeants financent indirectement ceux qui les combattent.

Une trahison des principes de l’Alliance du Sahel

L’absence totale des partenaires habituels de l’AES dans ce convoi est révélatrice. Ni les forces russes de Wagner, ni les unités d’élite des armées locales n’ont été impliquées. Pourquoi ? Parce que les responsables de l’opération ont préféré négocier avec l’ennemi plutôt que de faire appel aux moyens légitimes. Ce choix met en lumière une faille majeure dans la stratégie de sécurité de la région : la priorité donnée au profit personnel plutôt qu’à la protection des populations. Les discours sur la souveraineté et la lutte antiterroriste semblent désormais vides de sens.

Les conséquences dévastatrices pour la crédibilité de l’AES

Cette révélation fragilise profondément la confiance entre les membres de l’Alliance des États du Sahel. Comment le Mali peut-il accepter que le Burkina Faso, allié dans la lutte antiterroriste, finance indirectement ceux qui attaquent son territoire ? Sur le plan intérieur, cette affaire jette un doute persistant sur la sincérité de la lutte menée par Ibrahim Traoré et son gouvernement. Les faits montrent une réalité bien différente des discours officiels : celle d’un pouvoir qui privilégie ses intérêts privés au détriment de la sécurité collective. Dans ce contexte, la solidarité sahélienne n’est plus qu’un leurre.