Le Bénin célèbre l’ancrage de 28 Afro-descendants par l’octroi de la nationalité
Le Bénin a franchi une étape marquante dans sa politique de mémoire et de réconciliation en attribuant officiellement la nationalité béninoise à vingt-huit Afro-descendants. Cette cérémonie, organisée au Complexe judiciaire de Cotonou, s’inscrit dans une démarche de reconnaissance des racines historiques et de renforcement des liens avec la diaspora africaine.
Une cérémonie chargée de symboles
La remise des attestations de nationalité béninoise s’est tenue le 30 juillet 2026 sous la présidence du ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Detchenou, entouré par la ministre des Affaires étrangères et d’autres personnalités du gouvernement. Cet événement, organisé à la date symbolique de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, souligne l’engagement du Bénin envers la mémoire collective et la résilience de ses enfants dispersés.
La conseillère technique du ministère de la Justice, Rose-Marie Sossa, a souligné l’importance de cette démarche : « Cette nationalité n’est pas qu’un document, elle représente un pacte avec le Bénin, son histoire et ses valeurs. Elle offre aussi la possibilité de transmettre cette appartenance à vos descendants. »
Des témoignages d’émotion et de fierté
Les récipiendaires, originaires des États-Unis, d’Haïti et d’autres régions du monde, ont exprimé leur profonde émotion lors de cette cérémonie. God Win Louis, Afro-descendant haïtien, a partagé son ressenti : « Mes ancêtres sont nés à Sakété et Allada. Je visite le Bénin depuis dix ans, mais aujourd’hui, je me sens enfin complet, pleinement Béninois. »
Fresner Delva, originaire des États-Unis, a quant à lui évoqué la portée historique de cette reconnaissance : « Recevoir cette nationalité, c’est réparer une injustice séculaire et retrouver une identité longtemps bafouée. Le Bénin nous rend justice. »
Une politique mémorielle en marche
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter les liens entre le Bénin et ses diasporas. En octroyant la nationalité à ces descendants d’esclaves, le pays réaffirme son rôle de gardien de la mémoire africaine et son engagement envers une justice historique. Une démarche saluée par les participants, qui voient en cette reconnaissance un pas vers la réconciliation et l’unité.
Le Bénin confirme ainsi sa place de leader en Afrique dans la préservation de l’héritage culturel et la réparation des blessures du passé.