1er octobre au Cameroun : les régions anglophones sous tension, les autorités en alerte maximale

1er octobre au Cameroun : les régions anglophones sous tension, les autorités en alerte maximale

Forces de sécurité en patrouille dans les rues de Bamenda, Cameroun

Le 1er octobre marque un tournant symbolique au Cameroun, date anniversaire de la réunification des anciennes colonies française et britannique. Mais pour les séparatistes anglophones, il s’agit aussi du neuvième anniversaire de leur autoproclamation d’indépendance fictive des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Une journée « ville morte » était donc appelée par leurs partisans, plongeant ces territoires dans une atmosphère de tension latente.

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Face à cette menace de paralysie économique et sociale, l’État camerounais a déployé un dispositif militaire sans précédent. Chars, patrouilles et contrôles quadrillent les principales villes des NOSO. À midi, aucun incident majeur n’avait été signalé, mais les rues désertes témoignaient de l’efficacité des consignes de confinement auto-imposées par une partie de la population.

Un calme précaire sous surveillance renforcée

À Bamenda, capitale du Nord-Ouest, l’activité est quasi nulle. Un témoin raconte avoir effectué une rare sortie matinale pour une séance de sport, avant de rentrer se confiner chez lui. Les rues, normalement animées, offrent un spectacle de désolation sous le regard des militaires postés à intervalles réguliers. Buea, principale ville du Sud-Ouest, n’échappe pas à cette léthargie organisée. Les forces de l’ordre, présentes en nombre, assurent une présence dissuasive, prête à intervenir au moindre signe de trouble.

Les réseaux sociaux, espace de mémoire et de revendications

Les débats s’intensifient sur la toile. Des vidéos circulent, mettant en avant les couleurs bleu et blanc du mouvement séparatiste. Les échanges portent sur la décennie écoulée de violence, de déplacements massifs et de destructions. L’avocat Khongor Félix Agbor, ancien détenu de la crise, a publié une tribune émouvante en mémoire des victimes : familles endeuillées, enfants privés d’école, communautés déplacées et prisonniers politiques.

Selon les dernières estimations des organisations humanitaires, la crise a déjà coûté la vie à plus de 6 000 personnes et contraint des centaines de milliers de Camerounais à fuir leurs foyers. Les séquelles psychologiques et économiques de cette décennie de conflit restent profondes, tandis que l’espoir d’une solution pacifique semble s’éloigner chaque année.

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