11 mai 2026
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des chiffres qui parlent : le Burkina Faso mise sur les espaces verts pour transformer ses villes

Avec un ambitieux programme national, le pays entend créer 80 espaces verts, végétaliser 60 ronds-points et aménager 65 kilomètres de voirie arborée. Une démarche qui promet de redessiner l’image des agglomérations burkinabè, souvent marquées par la poussière et les températures étouffantes.

des résultats immédiats pour les habitants et les visiteurs

À Ouagadougou, l’échangeur de Ouaga 2000 illustre parfaitement les bénéfices de cette initiative. Les nouveaux espaces verts offrent une bouffée d’oxygène aux citadins, comme en témoigne le Dr Ines Bationo, de retour au Burkina Faso après un séjour au Sénégal :

«Vous ne pouvez pas imaginer ma joie en découvrant ces espaces ! En tant que Burkinabè de la diaspora, j’ai été totalement séduite par ces aménagements, qui apportent une touche de fraîcheur et de beauté à notre pays.»

un impact environnemental et social indéniable

Mahamadi Ouedraogo, figure associative, souligne les changements concrets observés :

«Avant, c’était tout rouge, sec, sans intérêt. Aujourd’hui, ces espaces créent un microclimat agréable et répondent à un besoin criant, surtout dans un pays sahélien où la canicule frappe fort. Il est temps de mieux partager cette conscience écologique.»

Les études scientifiques le confirment : les arbres et les zones végétalisées réduisent les températures urbaines de 2°C en moyenne, limitant ainsi les risques sanitaires liés aux vagues de chaleur. Sous un couvert forestier, les écarts de température peuvent atteindre 4°C de moins par rapport aux espaces dégagés.

un levier pour le tourisme et la cohésion sociale

Sidoine Nakanabo, visiteuse, partage son enthousiasme :

«C’est un vrai bonheur de disposer de ces lieux pour se détendre. Cela renforce aussi l’attractivité touristique du pays.»

Au-delà de l’aspect environnemental, ces aménagements favorisent le civisme et le lien social. Les espaces verts deviennent des lieux de rencontre, de repos et de partage, essentiels pour le bien-être des citoyens.

la durabilité : un défi à relever pour pérenniser les projets

Lassané Sawadogo, acteur de la société civile, met en garde :

«Planter des arbres est une première étape, mais leur entretien sur le long terme est crucial. Il faut des mécanismes financiers pour assurer la maintenance de ces espaces, via des recettes générées par leur accès ou leur gestion.»

Le Burkina Faso prouve ainsi qu’une ville moderne ne se limite pas à ses infrastructures : elle intègre aussi la nature, l’ombre et des lieux de respiration pour ses habitants. Une vision qui pourrait inspirer d’autres pays de la sous-région.