Les attaques verbales virulentes ciblant le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que sa mère et son épouse, ont provoqué une réaction indignée de Hugues Ongoundou. Dans une tribune d’une fermeté notable, il a clairement dissocié sa prise de position de tout soutien politique ou adhésion aux orientations du chef de l’État. Pour Ongoundou, s’en prendre à la mère du président, une grand-mère discrète et éloignée des sphères politiques, ou à son épouse, représente un franchissement inacceptable d’une ligne rouge, dont les répercussions dépassent largement les personnes directement visées. Dénonçant une véritable « insalubrité verbale » et la banalisation de l’obscénité au sein du débat public gabonais, Hugues Ongoundou a plaidé pour une distinction radicale entre la liberté de critiquer et la vulgarité. Il a également annoncé son intention d’explorer les voies légales pour y remédier.
L’atteinte aux valeurs fondamentales du Gabon
Les propos injurieux dirigés contre la mère du Chef de l’État, une femme sans histoire et en dehors de la politique, ainsi que ceux visant son épouse et le Président lui-même, sont d’une gravité extrême. Cette dérive a laissé Hugues Ongoundou perplexe. Son intervention, a-t-il précisé, ne s’inscrit pas dans un cadre politique. Il ne s’agit pas de défendre un bilan, une idéologie ou une proximité avec le pouvoir en place. Il aborde une question bien plus essentielle : celle de la dignité, des valeurs et de l’âme même du peuple gabonais.
Au-delà des individus : un symbole national
Lorsque la mère et grand-mère d’un dirigeant, étrangère aux joutes politiques, est traînée dans la boue par des propos orduriers, une limite fondamentale est franchie. De même, lorsqu’une Première Dame est prise pour cible par des remarques obscènes, ce sont les repères collectifs de la société gabonaise qui sont attaqués. Ces insultes ne visent plus seulement le Chef de l’État, sa mère et son épouse, mais symboliquement, toutes les grand-mères, mères, épouses, sœurs et filles du pays qui se voient jetées dans l’opprobre. C’est l’image même du Gabon qui en pâtit, ses valeurs s’amenuisent, et l’essence même du peuple semble désertée. Hugues Ongoundou insiste sur le poids de ces mots.
Dans toute nation, certains symboles transcendent les individus. La mère incarne la transmission, la grand-mère représente la mémoire. La femme constitue une part essentielle de la famille et de la société, tandis que le père symbolise également cette chaîne qui relie les générations. Lorsque ces figures sont publiquement humiliées et transformées en objets d’insultes politiques, c’est une partie du patrimoine moral gabonais qui est bafouée. C’est l’autorité symbolique et la capacité du peuple à demeurer digne qui sont sapées.
Des dérives, symptômes d’un corps national en souffrance
Ce qui vient de se produire ne saurait être minimisé comme un simple dérapage sur les réseaux sociaux. Ces dérives sont, selon Ongoundou, les symptômes d’un corps national malade, en souffrance, en quête de repères. Elles témoignent d’un affaiblissement progressif des valeurs. Autrefois, le patriotisme, le respect des aînés, la considération envers les parents et le sens de l’honneur faisaient partie intégrante de l’éducation civique et de la transmission intergénérationnelle. Aujourd’hui, une part de cet enseignement semble s’être évaporée, laissant place au malheur de la vertu et à la prospérité du vice. On assiste à une inversion inquiétante : l’insulteur devient parfois une vedette, l’humiliateur gagne en popularité, et la provocation attire plus l’attention que la construction. Lorsque l’insulte se transforme en spectacle, en distraction, en marchandise médiatique, la vertu elle-même est reléguée au second plan.
Une responsabilité collective face à la banalisation
Hugues Ongoundou va plus loin en affirmant que chaque citoyen gabonais qui rit de propos aussi abjects, les partage pour se divertir ou contribue à leur diffusion, participe, volontairement ou non, à leur banalisation. Chaque citoyen qui accepte que le débat politique se mue en concours d’insultes contribue à l’affaiblissement des repères. Chaque fois que l’insulte est glorifiée, que l’insulteur est promu pour le bruit qu’il fait, c’est une lente destruction de ce qui devrait rassembler le peuple. La responsabilité est collective lorsque l’insulte devient une distraction, une commande ou que les insulteurs sont les plus écoutés. C’est un véritable enjeu pour les citoyens africains et l’actualité africaine.
Stopper l’insalubrité verbale : un impératif citoyen
Hugues Ongoundou a tenu à être très clair : il ne cherche ni à faire la cour au pouvoir, ni à obtenir une reconnaissance, ni à défendre le Chef de l’État contre ses opposants politiques. Son message est un simple « STOP ». Il estime qu’il est impératif d’agir contre cette insalubrité verbale qui gangrène progressivement l’espace public. Il a d’ailleurs salué les Gabonais qui contestent le Président et sa politique sans franchir ces lignes rouges. Il existe des opposants responsables, des hommes et des femmes capables de reconnaître ce qui est bien fait et de dénoncer ce qui ne l’est pas. Des citoyens africains aptes à combattre une politique avec des arguments solides, sans insulter les familles de ceux auxquels ils s’opposent. C’est là, selon lui, le véritable débat démocratique.
L’activisme, un engagement responsable, pas une licence pour la vulgarité
Il est essentiel de mettre fin à une confusion : être activiste ne confère pas tous les droits, être opposant ne signifie pas pouvoir tout dire, et être libre n’équivaut pas à être irresponsable. L’activisme est une forme d’engagement citoyen, qui suppose donc une responsabilité citoyenne. On peut dénoncer, enquêter, contester, manifester, interpeller, et même être extrêmement dur dans la critique. Mais l’insulte obscène visant une mère ou une femme n’est ni un argument, ni une preuve de courage, ni une démonstration de patriotisme.
Hugues Ongoundou a partagé une vérité simple et profonde : « J’ai un père. J’ai une mère. Et je suis leur fils. » Cette phrase, peut-être la plus simple de sa tribune, renvoie à une éducation, une histoire, une responsabilité. Il connaît le respect dû à ceux qui ont donné la vie, et la valeur d’une mère et d’un père. C’est précisément cette éducation qui le pousse aujourd’hui à refuser la banalisation de cette monstruosité médiatique. Il ne peut exiger de ses enfants qu’ils respectent leurs parents demain s’il accepte aujourd’hui que l’humiliation des parents devienne un spectacle public.
Prendre sa part de responsabilité pour un avenir meilleur
Face à cette situation alarmante, Hugues Ongoundou a décidé de prendre sa part de responsabilité. Il consultera un conseil juridique afin d’examiner les voies de droit existantes et les suites judiciaires qui pourraient être données à de tels propos. Cette démarche, a-t-il précisé, sera strictement personnelle. Il ne prétend pas parler au nom du Chef de l’État, de sa famille, de son entourage ou d’une quelconque institution. Il s’exprime en son nom, comme Gabonais, comme citoyen, comme fils. Son objectif n’est pas de faire taire la critique politique, bien au contraire. Il souhaite que le débat public Gabon retrouve un niveau où l’intelligence, la contradiction et la responsabilité supplantent progressivement l’insulte, l’obscénité et l’humiliation.
Le Gabon ne peut s’installer durablement dans cette logique destructrice. Une nation ne se détruit pas uniquement par des crises économiques ou politiques, mais aussi par l’effondrement progressif de ses repères moraux. Lorsque l’insulte devient normale, la violence verbale devient acceptable. Lorsque la violence verbale est acceptable, l’humiliation devient un spectacle. Et lorsque ceux qui détruisent les valeurs deviennent des célébrités, la déchéance étatique commence par une déchéance morale.
Hugues Ongoundou refuse cette fatalité. Il refuse que les mères deviennent des cibles, que les femmes soient utilisées comme instruments d’humiliation politique, que les pères soient insultés parce que leurs enfants exercent des responsabilités. Il refuse que les enfants grandissent dans une société où la vulgarité est récompensée davantage que la vertu. Trop, c’est trop. Il ne demande à personne d’aimer le Président de la République, ni d’approuver sa politique. Il demande simplement que les Gabonais soient encore capables de se respecter eux-mêmes. Car, au fond, insulter la mère de l’autre, c’est insulter l’idée que l’on se fait de sa propre mère. Et lorsqu’un peuple ne protège plus ses propres valeurs, il commence à perdre son âme. À chacun, désormais, de prendre ses responsabilités. Hugues Ongoundou, pour sa part, a choisi de prendre les siennes.