3 juin 2026
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Le Togo renforce son rôle diplomatique au Sahel face aux défis sécuritaires

Place de la Confédération des États du Sahel au Mali

Le Togo a récemment annoncé vouloir endosser un rôle de médiateur privilégié entre les gouvernements militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso — confrontés à des menaces terroristes croissantes — et les acteurs internationaux. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie togolaise pour le Sahel, dévoilée lors d’une déclaration officielle le 18 avril.

Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, souligne l’urgence de cette seconde phase stratégique : « La situation au Sahel s’est considérablement dégradée, transformant cette zone en un foyer d’instabilité majeure pour toute l’Afrique de l’Ouest. »

Trois axes majeurs pour sécuriser la région

La diplomatie togolaise structure sa démarche autour de trois objectifs principaux :

  • Renforcer la coopération régionale : Le Togo mise sur des partenariats solides avec les pays voisins pour consolider la stabilité et la paix durable.
  • Favoriser les conditions d’une paix durable : Lomé entend jouer un rôle actif dans la création d’un environnement propice à la réconciliation.
  • Soutenir la transition politique : Le pays appuie les processus de normalisation dans les États dirigés par des juntes militaires, après les renversements d’autorités civiles.

Jean Emmanuel Gnagnon, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé et spécialiste des crises politiques, analyse : « Le Togo a su limiter l’avancée des groupes armés vers son territoire et éviter l’ancrage durable de cellules terroristes. Comparé à ses voisins, son efficacité dans la prévention de la contagion reste notable. »

Cependant, il précise que « les phases antérieures n’ont pas résolu la crise, mais elles ont permis au Togo de gagner un temps précieux et de renforcer ses dispositifs de sécurité pour éviter le pire. »

Soldats de l'armée togolaise

Un bilan sécuritaire contrasté selon les experts

Si certains observateurs saluent les efforts du Togo, d’autres expriment des réserves. Madji Diabakaté, politologue, compare la position togolaise à celle d’une grenouille prétendant rivaliser avec un bœuf : « La diplomatie togolaise, lorsqu’elle aborde la question du Sahel, peine à convaincre. Les coups d’État ont révélé deux enjeux majeurs : l’insécurité et le retour à la démocratie. Or, sur ces deux plans, peu de progrès ont été enregistrés. »

Selon lui, l’engagement du Togo a plutôt contribué à fragiliser la CEDEAO, en soutenant les régimes militaires responsables de la crise. Une position qui divise également l’opinion publique togolaise, une partie de la population estimant que le pays doit d’abord résoudre ses propres défis avant de s’immiscer dans les affaires régionales.

Robert Dussey défend quant à lui une approche pragmatique : « Le Togo entretient des relations équilibrées avec ses partenaires régionaux et internationaux, en privilégiant les intérêts communs pour une stabilité partagée. »

Réunion de la CEDEAO sur la situation politique en Guinée