Tchad : mobilisation contre les tensions intercommunautaires
Le ministre tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration alerte sur la recrudescence des violences entre communautés et plaide pour une réponse collective afin d’apaiser les tensions et préserver la cohésion sociale.
Une séance parlementaire dédiée à la sécurité nationale
Lors d’une séance plénière tenue sous la présidence du Dr Haroun Kabadi, président du Sénat, les sénateurs tchadiens ont examiné les défis sécuritaires actuels, en particulier la montée des conflits intercommunautaires qui menacent la stabilité du pays. Le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le général Ali Ahmat Aghabache, a détaillé les actions engagées par le gouvernement pour endiguer cette crise et renforcer la paix sociale.
Des chiffres alarmants et des zones sous tension
Les débats ont révélé des données préoccupantes : entre 2024 et 2025, les affrontements intercommunautaires ont fait 318 morts et 3 015 blessés, sans compter les dégâts matériels infligés à de nombreuses localités. Ces violences, qui s’étendent à plusieurs provinces, fragilisent les efforts de développement et risquent d’aggraver les fractures sociales.
Des mesures concrètes pour renforcer la sécurité
Pour inverser cette tendance, le gouvernement a lancé un plan d’action ambitieux. Parmi les initiatives annoncées :
- L’intensification des patrouilles dans les zones à risque pour dissuader les velléités de violence
- Le renforcement des moyens logistiques des forces de sécurité avec l’acquisition de motos et véhicules adaptés aux terrains difficiles
- Le recrutement de 2 000 nouveaux agents (1 000 policiers et 1 000 gendarmes) pour densifier le dispositif de protection des populations
Une approche globale pour une paix durable
Le général Aghabache a souligné que la lutte contre ces conflits ne peut se limiter à une réponse sécuritaire. Il a appelé à une mobilisation collective impliquant les autorités locales, les leaders traditionnels et religieux, ainsi que les communautés elles-mêmes. La prévention passe par le dialogue, la médiation et la sensibilisation des populations aux enjeux de la cohésion nationale.
« La paix se construit au quotidien, par l’engagement de tous », a-t-il déclaré, rappelant que la sécurité est l’affaire de chaque citoyen. Les sénateurs, de leur côté, ont insisté sur la nécessité de renforcer la présence de l’État dans les régions les plus exposées, afin d’éviter que les tensions ne dégénèrent en crises ouvertes.
Un engagement unanime pour la stabilité du Tchad
Cette séance a permis de dresser un bilan sans détour des défis sécuritaires auxquels le Tchad fait face. Malgré la gravité de la situation, les participants ont réaffirmé leur volonté commune de préserver l’unité nationale et de garantir la sécurité de tous les Tchadiens. Les mesures annoncées marquent une étape décisive, mais leur succès dépendra de leur mise en œuvre rapide et de la collaboration entre les différents acteurs.