29 juin 2026

Politique

Succession au Cameroun : les ambitions des fils de Paul Biya révèlent une bataille d’influence

Des informations récentes, relayées par des observateurs politiques camerounais, laissent entrevoir une possible rivalité entre les héritiers présumés du pouvoir à Yaoundé. Entre réseaux d’influence et alliances stratégiques, la question de la succession du président Paul Biya prend une nouvelle dimension.

Armand Djaleu
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Une rivalité familiale au cœur du pouvoir camerounais

Des sources proches du palais présidentiel révèlent qu’un autre membre de la famille Biya, en plus de Franck, préparerait activement une succession à la tête de l’État. Louis Paul Motaze, cousin du fils adoptif du chef de l’État, aurait tissé sa toile au sein de l’administration depuis des années. Selon des confidences recueillies par des observateurs politiques, « les élites du Sud du Cameroun auraient fait remonter au président Biya leur désapprobation concernant la candidature de son fils Franck ». Ces mêmes sources soulignent l’influence déterminante de ces élites dans les rouages de l’administration publique.

Ancien directeur général de la CNPS, ministre de l’Économie et de la Planification, puis secrétaire général de la Présidence avant de diriger les Finances, Louis Paul Motaze incarne, selon plusieurs analystes, la deuxième personne la plus influente du pays après le président lui-même. Son réseau s’étendrait des médias aux milieux d’affaires, en passant par les chefs traditionnels de l’Ouest camerounais.

Batoufam, bastion d’influence stratégique

Un observateur politique camerounais explique : « Il contrôle indirectement une partie de la presse, aucun média ne le critique ouvertement. Son emprise s’étend également aux chaînes télévisées, et il entretient des liens étroits avec le secteur privé dans toutes les régions, particulièrement à l’Ouest. Ses relations avec les autorités traditionnelles de cette zone sont particulièrement solides. » Parmi ses alliés figure le chef traditionnel Nayang Toukam Innocent, dont le leadership a permis d’organiser des rencontres internationales de chefs coutumiers en Afrique. Ce dernier, régulièrement reçu par le gouverneur de la région de l’Ouest, aurait été approché par Louis Paul Motaze lors d’une rencontre mémorable au palais royal de Batoufam il y a cinq ans, en compagnie d’une délégation incluant un homme d’affaires influent et patron de Biopharma.

Ce chef traditionnel a d’ailleurs contribué à faire de Batoufam la 20e destination mondiale d’écotourisme, selon l’Organisation Internationale du Tourisme Social. Louis Paul Motaze, décrit comme un stratège hors pair, aurait pris ses distances avec l’homme d’affaires Amougou Belinga après le scandale entourant l’affaire Martinez Zogo. « Contrairement à ce que certains prétendent, il n’est pas sujet au tribalisme, même au sein de son entourage proche. » reste à interroger son bilan depuis 2007, année où il a intégré le gouvernement en tant que ministre du MINEPAT.

Face à lui, Franck Biya, fils adoptif du président et protégé de la Première Dame, Oswald Baboke, semble moins bien perçu par la jeunesse du Sud. Ferdinand Ngoh Ngoh, bien que compétent, serait selon les rumeurs moins généreux envers son entourage que ne le laissent entendre les partisans de Motaze.

Paul Biya

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