À l’occasion d’un déplacement remarqué dans la région du Ndiambour, le leader des Patriotes, Ousmane Sonko, a vivement critiqué la stratégie des décrets présidentiels, tout en réclamant une fixation immédiate de la date des prochaines élections locales. Selon lui, l’usage de ces outils administratifs pour des décisions politiques, comme le limogeage récent de Fadilou Keïta à la Caisse des dépôts et consignations ou celui de Waly Diouf Bodiang du Port autonome de Dakar, devrait s’appliquer avec la même rigueur pour organiser le scrutin.
« Limoger un haut responsable relève des prérogatives du président, personne ne le conteste. Mais fixer la date d’une élection par décret relève tout autant de ses attributions. Il s’agit de deux actes administratifs aux conséquences opposées, mais de même nature », a-t-il souligné lors d’un discours salué par une foule nombreuse. Cette intervention s’inscrit dans un contexte où la pression monte autour du calendrier électoral, Djibril Gningue, spécialiste des questions électorales, mettant en garde contre un retard qui rendrait le processus intenable dans les prochains jours.
La mobilisation populaire autour de Sonko reflète une impatience croissante des citoyens sénégalais, alors que la date du scrutin reste officiellement inconnue. Les appels à la transparence et à l’organisation rapide des élections locales se multiplient, dans un climat où chaque décision administrative est scrutée à la loupe. L’absence de publication d’un décret de convocation du corps électoral, malgré l’urgence, alimente les tensions entre les institutions, notamment entre l’exécutif et le législatif, où l’opposition ne cesse de rappeler ses exigences.