8 juin 2026
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Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale du Sénégal et ancien Premier ministre, a été confortablement réélu samedi à la direction de son parti, le Pastef. Cette victoire politique a immédiatement été utilisée comme un avertissement à l’encontre de ses opposants, dans un climat de tensions politiques persistantes au Sénégal.

Les délégués des sections locales et de la diaspora se sont rassemblés à Diamniadio, en banlieue de Dakar, pour le premier congrès du Pastef.

À la tête du Pastef depuis sa fondation en 2014, Ousmane Sonko entame un nouveau mandat de six ans à la présidence du parti.

« Je mesure le poids de cette responsabilité, car le Pastef n’est pas un parti ordinaire dans le paysage politique sénégalais, » a-t-il déclaré depuis la tribune après sa réélection.

« Les révolutions peuvent être détournées, absorbées ou vidées de leur substance lorsqu’elles ne disposent ni d’une doctrine claire, ni d’une organisation apte à ancrer le changement dans la durée. C’est pourquoi ce congrès est historique, deux ans après notre arrivée aux plus hautes responsabilités, » a-t-il poursuivi.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été élu en 2024 avec le soutien du Pastef, après qu’Ousmane Sonko a été disqualifié de la course présidentielle.

Après plusieurs mois de tensions, Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre le 22 mai dernier.

Quelques jours après, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale.

Devant les délégués, Ousmane Sonko a averti contre toute tentative de « sabotage » du projet politique de son parti.

« Aucun projet de sabotage de cette révolution ne réussira, car le peuple, debout aux côtés du Pastef, apportera les garanties nécessaires pour libérer notre pays, » a-t-il prévenu, soulignant l’importance de la mobilisation citoyenne.

La direction du Pastef a boycotté le gouvernement annoncé lundi par Bassirou Diomaye Faye, bien que plusieurs membres du parti d’Ousmane Sonko figurent dans la nouvelle équipe ministérielle.

Avec 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, le Pastef dispose de la majorité absolue et peut déposer une motion de censure à tout moment pour faire tomber le gouvernement.

De son côté, Bassirou Diomaye Faye peut remanier le gouvernement après une motion de censure et aura la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale à compter de novembre 2026.