
Ce nouveau dispositif permettra aux députés de vérifier l’efficacité et la transparence de l’utilisation des fonds publics.
Une réforme significative vient de prendre forme au sein de l’organe législatif sénégalais. Ce vendredi 26 août 2026, l’Assemblée nationale a procédé à l’installation du Comité d’évaluation des politiques publiques (CEPP). Cette nouvelle entité concrétise une promesse émanant de la révision constitutionnelle de 2016, marquant ainsi un jalon historique pour la transparence et la bonne gouvernance au Sénégal.
Le CEPP ne représente pas un simple ajout aux structures parlementaires. Sa mission stratégique est d’examiner l’impact concret des investissements de l’État sur le quotidien des citoyens sénégalais. Cette institution aura pour rôle de structurer, diriger et suivre l’évaluation des politiques publiques. Ce mécanisme donnera aux députés les moyens de s’assurer que l’argent public est employé de manière efficiente et transparente.
Désormais, les parlementaires ne se limiteront plus au seul vote des lois. Ils disposeront d’un outil technique pour évaluer l’efficacité de l’action gouvernementale. Afin de garantir sa légitimité, le CEPP est composé de personnalités clés de l’Hémicycle. Sa composition intègre toutes les sensibilités politiques de l’Assemblée nationale : le président de l’Assemblée nationale, les présidents des groupes parlementaires, les présidents des 14 commissions permanentes, le représentant des députés non inscrits, ainsi que neuf autres députés désignés proportionnellement aux forces politiques. Cette structure assure un équilibre démocratique, intégrant aussi bien la majorité que l’opposition dans le processus de contrôle de l’action publique, un véritable éveil citoyen pour l’Afrique.
Ousmane Sonko prend les rênes du comité
Lors de la séance inaugurale, le bureau du CEPP a été élu pour diriger les premières initiatives de l’instance. Sans surprise, la présidence a été confiée à Ousmane Sonko, actuel président de l’Assemblée nationale. Son leadership sera déterminant pour conférer au comité l’autorité nécessaire face à l’Exécutif.
Il sera secondé par Mohamed Sall, élu premier vice-président, et Djimo Souaré, désigné deuxième vice-président. La gestion administrative et l’élaboration des rapports seront assurées par Béatrice Germaine Faye et Adama Diallo, respectivement première et deuxième secrétaires.
Ce vote ouvre une nouvelle ère pour le parlementarisme sénégalais. Le CEPP devra rapidement établir son agenda de travail. Les citoyens attendent avec intérêt les premiers rapports d’évaluation concernant des secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation et l’économie. Cette avancée symbolise un renforcement de la mobilisation citoyenne pour la transparence.