Un dénouement attendu après des mois de tensions palpables entre deux figures majeures de la scène politique sénégalaise, arrivées au pouvoir en avril 2024 portées par une vague d’espoir populaire. Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre et ancien allié de lutte, Ousmane Sonko, ce vendredi 22 mai.
L’annonce formelle a été faite via une déclaration officielle lue à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence. Le communiqué précisait que le président avait « mis fin aux fonctions de monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, et par conséquent à celles des ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement ». Il a également été stipulé que « les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes », sans qu’aucune information ne soit fournie concernant la désignation d’un successeur à la primature.
Ces frictions ont commencé à s’intensifier dès l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye. Ousmane Sonko, son ancien mentor politique et figure charismatique, avait joué un rôle déterminant dans l’ascension du duo au sommet de l’État. Ayant été un opposant farouche au précédent président, Macky Sall (2012-2024), Ousmane Sonko avait été contraint de renoncer à sa propre candidature à l’élection présidentielle de 2024, suite à une condamnation pour diffamation qui lui avait fait perdre ses droits civiques. C’est dans ce contexte qu’il avait désigné Bassirou Diomaye Faye pour le représenter dans la course à la présidence.
Cependant, les divergences ont éclaté au grand jour début mai, lorsque le président Faye avait publiquement critiqué la « personnalisation excessive » de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir. Lors d’une interview télévisée, il avait alors affirmé : « Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre ». La réaction d’Ousmane Sonko ne s’est pas fait attendre sur sa page Facebook ce vendredi : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », faisant référence à son quartier de résidence à Dakar.
