18 juin 2026
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Sénégal : le Conseil constitutionnel s’abstient sur le dossier Ousmane Sonko

Le Conseil constitutionnel sénégalais a rendu sa décision ce mercredi 17 juin, se déclarant incompétent pour statuer sur le recours déposé par l’opposition. Ce recours contestait la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale, suivie de son élection à la présidence de cette institution. Cette prononciation met un terme définitif aux démarches entreprises par les opposants, qui remettaient en question la légalité de ce retour et de cette élection, les jugeant non conformes au règlement parlementaire en vigueur.

Sénégal. Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent sur le recours contre la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a donc jugé qu’il n’avait pas la compétence pour examiner le recours de l’opposition, qui remettait en cause la réintégration de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale avant qu’il ne soit élu à sa tête le 26 mai dernier.

Quelques jours seulement après avoir été relevé de ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko, figure charismatique du parti Pastef, majoritaire au Parlement, a été réintégré à l’Assemblée avant d’accéder au perchoir.

L’opposition sans recours

L’élection d’Ousmane Sonko avait provoqué une vive contestation de la part de l’opposition. Celle-ci estimait que sa réintégration au sein de l’hémicycle enfreignait le règlement intérieur et avait dénoncé un « coup d’État institutionnel ». Avec cette décision du Conseil constitutionnel, l’opposition ne dispose plus d’aucune voie de recours légal.

Pour rappel, Ousmane Sonko, écarté de la course à la présidentielle de mars 2024, est devenu Premier ministre en avril 2024, à la suite de la victoire de son proche allié, Bassirou Diomaye Faye, à l’élection présidentielle.

En tant que tête de liste du Pastef, l’ex-Premier ministre avait remporté 130 sièges de députés sur 165 lors des élections législatives de novembre 2024. Il avait alors choisi de renoncer à son mandat parlementaire pour conserver son poste de chef du gouvernement.

« Nous ne participerons pas à cette mascarade »

L’opposition soutenait que pour qu’Ousmane Sonko puisse retrouver son siège de député aujourd’hui, il aurait dû, à l’époque, démissionner de ses fonctions de Premier ministre, siéger même temporairement à l’Assemblée nationale, avant de retourner au gouvernement. Le député d’opposition Abdou Mbow avait alors déclaré fin avril : « La majorité parlementaire a installé quelqu’un, Ousmane Sonko, qui a déjà perdu son mandat de député et ne peut le retrouver. Nous n’allons pas nous associer à cette mascarade ». Cependant, suite à la décision du Conseil constitutionnel, le leader du Pastef conserve son poste à la tête de l’Assemblée nationale, une position d’où il pourrait potentiellement incarner un contre-pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye, son ancien partenaire politique avec qui la rupture semble désormais consommée.